10,87km - D+ 276m - 3h30mn - Assez facile (2,5/6) - *** - Compatible VTT-VAE
L’ESSENTIEL : superbe petit circuit dans les vignes au sud de Colmar, au départ d’Obermorschwihr (68).
Le vignoble alsacien est magnifique et très agréable pour les petites balades : ici, les paysages de douces collines sont particulièrement intéressants, à l’instar des villages traversés.
Ce circuit facile et varié plaira à toutes les générations de marcheurs : au départ d’Obermorschwihr, nous passerons par Husseren-les-Châteaux (sans monter aux Trois Châteaux), puis par Éguisheim ; le retour comporte 2 sections sur une petite route.
DÉPART-ARRIVÉE : parking de la salle des fêtes ‘‘Côté Jardins’’, commune d’OBERMORSCHWIHR. Accès facile depuis la RD 83, route à 4 voies : au sud Colmar, prendre la sortie Vœgtlinshoffen et Obermorschwihr, et avec la D1 on traverse d’abord la ligne droite de ‘‘Herrlisheim Vignoble’’. Dans Obermorschwihr, la rue Principale est étroite, et après la mairie il faut continuer tout droit rue de Marbach (local des pompiers) et c’est encore plus étroit : le parking est un peu plus haut sur la droite, devant la salle des fêtes du village.
LA CARTE DU CIRCUIT :
Carte TOP 25 n° 3719 OT Colmar le Hohneck Munster. → AVEC OPENRUNNER : accès direct à l’ensemble du parcours avec profil altimétrique actif, téléchargeable sur GPS, avec le lien https://www.openrunner.com/route-details/23795143 (attention : il y a une petite modif’ dans Husseren-les-Châteaux et on suivra le descriptif plutôt que la trace).
LE DESCRIPTIF :
Les photos ci-dessus : le parking et la salle des fêtes ‘‘Côté jardins’’ profitent d’un bel environnement paysager ! Redescendre jusqu’à la place de la République (attention, c’est étroit !) avec sa fontaine à 2 bacs séparés -le rectangulaire paraît beaucoup plus ancien- mais j’ai raté la statue de la Vierge, et la mairie avec son escalier extérieur en grès rose et à double volée.
Les 2 photos ensemble : on continue par la ruelle juste à gauche de la mairie, balisage « anneau bleu » du Club Vosgien, et il ne faudra pas louper du côté gauche le clocher à colombage de l’église St-Philippe & St-Jacques (1720). Cette rue du Vignoble se termine devant un Christ en croix, qui est une ancienne croix de chemin, et une très ancienne fontaine surmontée d’une pompe à bras dont le mauvais état permet de voir le mécanisme !
► Continuer à gauche rue du Stauffen : la première petite montée commence ici, ‘’promenade du vignoble du Bildstoeckle’’ et « anneau bleu », on quitte le village et nous voici dans les vignes !
Les photos : la montée continue donc dans les vignes, et au loin les donjons des 3 châteaux d’Éguisheim surveillent notre approche. Dans les parcelles cultivées en agriculture biologique (AB), les ceps, les fleurs et les herbes poussent en symbiose et en se respectant, et ça sent bon !
► À notre gauche, la route D1 et Vœgtlinshoffen sont tout proches, et le paysage d’une grande variété ! Un peu après le km1 du circuit, « anneau bleu » s’en va à droite, et nous continuons tout droit en « anneau jaune ». Husseren-les-Châteaux est devant nous, et aux silhouettes des Trois Châteaux se rajoute celle du Hohlandsbourg, nettement plus massive et moins belle. Le balisage est nickel et on le suivra facilement.
Les 3 photos : sur la gauche, voici l’ancienne carrière et l’ancienne abbaye de Vœgtlinshoffen ; j’ai photographié quelques rangées de ceps particulièrement vénérables et donc respectables, et dans un autre genre une mouche de la St-Marc ou bibion : elle et ses copines sont un peu en avance sur le calendrier religieux, suite au réchauffement du climat…
La photo : un peu avant d’arriver à Husseren, j’ai pris cette photo dont je ne suis pas mécontent, avec les ruines des trois donjons et le clocher de l’église St-Pancrace sur une même diagonale. Pas facile cette photo, car une énorme grue barre le paysage et m’interpelle !
► On rejoint la route du Vin, que nous suivrons un moment, plus loin vers la gauche, direction Châteaux. Attention, la trace GPX n’est pas juste : j’ai voulu voir de près l’immense grue, elle arrive : après le Monument aux Morts, prendre à droite la rue Jeanne d’Arc et on contourne un important chantier (construction d’un immeuble de 22 logements avec un commerce). Continuer ensuite à droite et on redescend vers la mairie et l’école.
Les 3 photos : voici une vue de la place de la Mairie, avec de g à d une fontaine dont l’eau paraît très pure, la mairie, et un gigantesque et magnifique marronnier entouré de bancs circulaires. Sur la photo composée, revoici le marronnier, dont on évalue mieux la taille, et j’ai poussé jusqu’à l’église Saint-Pancrace : elle a été construite au 19è siècle dans un style néo-gothique.
► Retour à la mairie, et juste après on prendra à droite la rue de la Châtaigneraie, direction Parking et balisage « disque jaune » du Club Vosgien, et ça monte.
La photo : sans aller jusqu’en haut de cette rue, je me suis arrêté au niveau d’une aire de jeux pour les enfants (prolongée par un court de tennis), qui est aussi l’accès au périscolaire ‘‘Les Petits Ceps’’ (y’a pas d’âge pour apprendre les bonnes choses !), et j’ai profité du seul banc pour manger mon casse-croûte. Après seulement 2,9km et il m’a fallu juste 1h pour arriver là.
► Pour la suite, continuer cette rue qui monte, « disque jaune » : plus haut, on verra sur la droite un parking et l’aire de détente indiquée sur la carte : une table et ses bancs en béton, une grosse fraise en guise maisonnette pour les enfants (c’est moche et sale) et un possible terrain de pétanque.
Une grotte de Lourdes, creusée dans le rocher, remercie Marie pour sa protection lors des bombardements de 1945 : prendre l’escalier qui monte sur la gauche, « disque jaune » direction Châteaux, et continuer sur le joli sentier qui grimpe à droite le long d’un ruisseau. On rejoint bientôt un chemin empierré, au niveau de l’hôtel*** ‘‘Husseren Collections’’ : suivre ce chemin vers la droite, balisage « losange rouge », et on verra bientôt un « anneau rouge » qui se rajoute et il est pour nous.
Ce chemin entre dans la forêt : au 1er croisement, prendre le chemin qui descend à droite, balisage « anneau rouge » (la direction n’est pas indiquée car il s’agit d’un itinéraire en boucle) ; ce chemin devient sentier.
La photo : joli coup d’œil sur la plaine depuis ce sentier, et la grue a heureusement disparu du paysage !
► On suit « disque rouge », et on retrouve un large chemin en descente ; continuer à droite avant le point-altitude 374 sur la carte, le balisage est parfait et nous marchons maintenant sur un chemin constitué de plaques en béton.
Les 2 photos : on verra bientôt sur la droite, à hauteur du km4 de notre circuit, cette unique et étrange tour en pierre, avec un chemin herbeux permettant de s’en approcher : cette construction est tout-à-fait remarquable, et un viticulteur qui travaille dans sa vigne tout près me précise qu’elle servait d’abri pour les vendangeurs en cas de mauvais temps. Sans doute aussi à surveiller leurs vignes façon ‘‘cabane de bangards’’ sur le vignoble de Thann, dans toutes les directions même, vu que nous sommes ici à la limite des bans de Husseren-les-Châteaux et Éguisheim. L’entrée est fermée avec des barreaux, ce qui n’empêche pas les gens de balancer leurs déchets à l’intérieur : qu’ils soient remerciés pour ces marques de civisme et de bon sens…
► Retour sur le chemin : au croisement qui suit, continuer tout droit avec maintenant le balisage « anneau jaune », direction Éguisheim.
Les photos : dans cette descente, la ville de Colmar s’étend légèrement sur la gauche, alors que droit devant Éguisheim se rapproche de plus en plus, et on voit bien sa construction en circonférence.
Les 2 photos ensemble : n’oublions pas viburnum titus ou lantana, mais attention : ces arbustes rustiques et décoratifs porteront bientôt des baies que les oiseaux mangent, mais qui sont toxiques pour les humains !
► Un moment, un muret sur la gauche protège le ruisseau qui traverse la route, laquelle continue vers la droite, mais pas nous : continuer tout droit sur un chemin de terre non balisé. On arrive bientôt à Éguisheim, dont on longe le terrain de camping, déjà bien rempli de campings cars venus de toute l’Europe !
Continuer tout droit, rue Porte-Haute puis Grand Rue, et nous sommes au centre-ville.
Les 2 photos : on passe près d’une ancienne fontaine à 2 bacs séparés, le rectangulaire servant autrefois à faire boire les animaux et à lessiver le linge ; plus loin, on a sur la gauche l’école primaire ‘‘La vigne en fleurs’’, qui est sans doute aussi l’ancienne mairie.
Les 3 photos : il faudrait au moins une demi-journée pour découvrir Éguisheim et ses petites maisons typiquement alsaciennes, mais je me suis limité en me glissant de chaque côté de la Grand Rue. La double photo est naturellement un assemblage… En arrivant devant une autre fontaine, prendre à droite la rue Monseigneur Stumpf, et on arrive à l’église Saint-Pierre & Saint-Paul. C’est un édifice gothique, dont seule la base du clocher montre les restes de fondations carolingiennes, alors que son toit est en bâtière. L’église est dite remarquable, je la trouve quand même plutôt moche : je sais, cette remarque, je ne l’emporterai pas au paradis…
► Continuer tout droit Porte des Chevaliers jusqu’à un carrefour sur la D 514 : prendre alors à gauche la rue du Muscat.
Les photos : on verra de suite l’espace culturel ‘‘Les Marronniers’’, et je me demande comment un architecte a pu concevoir une pareille horreur pour la carte de visite ; une glycine vient heureusement apporter un peu de plaisir.
Les photos : sur la gauche de cette rue du Muscat, les maisons épousent les anciennes fortifications, alors que les jardins occupent leur fossé, et tout est particulièrement bien soigné. Juste après un vieux transformateur électrique, prendre à droite la rue des Vendangeurs, et on repère le balisage « anneau bleu » du Club Vosgien. Suivre cette rue en travaux et en montée, et l’aurevoir à Éguisheim se fait avec ce tracteur de viticulteur, qui asperge chaque cep des 2 côtés d’un double jet de produit chimique. Naturellement, le viticulteur ne porte ni masque ni protection vestimentaire : c’est son problème…
► Courte montée puis descente alors que le chemin tourne vers la gauche. Après le km 7 du circuit et au Stop, on débouche sur une petite route départementale, que nous suivrons vers la droite sur 600m environ, « anneau bleu » : ça roule vite, il faudra rester réglementairement sur le bas-côté gauche.
Les 2 photos ensemble : sur le bord droit de la route, ce 2è crucifix est sans doute très ancien, les inscriptions ne sont plus lisibles et sa base disparaît dans le fossé ; un peu plus loin, la vitesse est limitée à 70, la route tourne vers la gauche à hauteur de quelques maisons (lieu-dit Felsacker) et s’en va rejoindre la D 83 : continuer alors tout droit sur un chemin empierré en légère montée, « anneau bleu ». Et voici l’inévitable contrejour, celui-là est chouette je trouve…
► Après le km 8 de notre circuit, on arrive sur une petite route, et on nous indique d’aller à gauche en suivant cette route : je suggère de continuer tout droit sur un chemin herbeux (de couleur verte sur la carte), et on retrouve bientôt la petite route, qu’il faut suivre sur exactement 1km, d’abord en montée.
La photo : un peu plus loin, alors que la montée se termine, ces deux arbres me permettent une autre photo sympa.
► Après la montée, c’est la descente : continuer tout droit en « anneau jaune » vers Herrlisheim, et on retrouve encore « anneau bleu ». Au km 9 de notre circuit, on récupère une autre petite route à suivre encore tout droit, et les maisons qui se rapprochent sont celles de Herrlisheim-Vignoble.
Attention : juste avant la première maison, prendre le chemin qui monte sur la droite : il est recouvert de pavés ou dalles en béton, et le balisage « anneau jaune » a disparu ici.
Les photos : voici notre chemin pavé qui remonte doucement, et on continue bientôt sur la droite, le balisage « anneau jaune » est au rendez-vous et ça monte encore ; en haut, point-altitude 266 sur la carte et km 10 de notre circuit, on arrive à un imposant réservoir d’eau du Syndicat Intercommunal des Eaux de la Plaine de l’Ill (site Internet https://www.siepi.fr/).
► Continuer à gauche, « anneau bleu » et légère montée ; au carrefour suivant, point-altitude 281 sur la carte, prendre à gauche, pas de balisage mais on redescend sur une petite route goudronnée. Attention : aux premières maisons, continuer à droite rue de Colmar, on verra à gauche un terrain de jeux et de sports bien équipé, et on retrouve bientôt la croix de chemin et l’ensemble fontaine et pompe à bras vus au départ.
Prendre à gauche la rue du Vignoble, on arrive place de la République et il ne reste plus qu’à remonter rue de Marbach jusqu’au parking. Temps de marche pour ce circuit facile, intéressant et surtout très beau : 3 heures et 30 minutes.
► Textes et photos : Pierre Brunner, avril 2026. Courriel à utiliser pour toutes remarques, suggestions ou autres : brunner.pierala@orange.fr
Merci aux bénévoles des sections du CLUB VOSGIEN DE WINTZENHEIM (Président Jean-Louis MEYER, site Internet https://www.club-vosgien-wintzenheim.fr/page/876155-presentation) et DE COLMAR (Président Daniel JAEGERT, site Internet https://www.club-vosgien-colmar.fr/), qui s’occupent de l’entretien et du balisage des itinéraires de ce secteur.
► Site de la Fédération du Club Vosgien, qui regroupe 130 associations dans le massif : https://www.club-vosgien.eu/
LE TEMPS INDIQUÉ ICI est celui d’un randonneur certes entraîné, mais plutôt âgé. Moyenne pour l’ensemble de ce circuit : 3,1 km/h.
NIVEAU DES CIRCUITS : ils sont classés en 7 niveaux : très facile (1/6), facile (2/6), assez facile (2,5/6), un peu difficile (3/6), assez difficile (4/6), difficile (5/6), extrêmement difficile (6/6) - ce dernier niveau ne devant jamais être proposé ici dans les Vosges.
INTÉRÊT DES RANDONNÉES : * = un peu intéressante ; ** = assez intéressante ; *** = très intéressante.
COMPATIBILITÉ VTT-VAE : c’est un simple conseil. → La responsabilité de LTD RANDO 68 et/ou celle de son gestionnaire ne saurait être mise en cause en cas d’accident.
OBERMORSCHWIHR :
Commune viticole de 450 habitants (Obermorschwihrois et -roises), qui se serait nommée ‘‘Capella in Morswilre’’ en 1312. Le village a été marqué par une période d'épidémie de choléra à partir de 1855, qui fit une trentaine de morts. Selon la tradition, cette épidémie aurait cessé brutalement et en signe de remerciement, les habitants qui avaient beaucoup prié firent ériger une statue de la Vierge, laquelle se trouve toujours au-dessus de la fontaine place de la République. Site Internet de la commune https://www.obermorschwihr.fr/ ; lien Wikipédia très complet https://fr.wikipedia.org/wiki/Obermorschwihr
HUSSEREN-LES-CHÂTEAUX :
Commune de 500 habitants (Husserenois et -es), dont le nom proviendrait de l'évolution du toponyme gallo-romain ‘‘Exaravino’’ ou ‘‘Exsaravino’’, désignant un espace en pente. L’histoire de ce village, implanté au pied du massif du Staufen, est liée à celle des Trois Châteaux (*) ; eux-mêmes situés à l’endroit où aurait existé une vigie romaine, destinée à surveiller la contrée et les éventuelles invasions des Germains. Au 13è siècle, Husseren-les-Châteaux disposait d'un couvent de nonnes placé sous la règle de saint Augustin, mais qui fut rapidement transféré en Forêt Noire. Lien Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Husseren-les-Ch%C3%A2teaux ; lien sur le site de la Communauté de communes ‘‘Pays de Rouffach, Vignobles et Châteaux’’ https://www.cc-paysderouffach-vignobles-chateaux.fr/husseren-les-chateaux . Husseren-les-Châteaux est aussi connue pour un Hôtel SPA 4 étoiles ‘‘Husseren Collections’’ https://hotel-spa-collections.com/fr/
(*) Seuls 2 châteaux, le Wahlenbourg et le Weckmund, sont situés sur le ban de Husseren-les-Châteaux, le 3è le Dagsbourg appartient à Eguisheim.
Commune de 1770 habitants, appelés Éguisiens et Éguisiennes (aussi Éguisheimois et -oises). Elle se serait nommée Exsa ou Exa, appellation gallo-romaine pour caractériser un retrait, un retranchement, une mise en défense par rapport à la voie romaine de circulation commune, le suffixe -heim étant assez commun pour désigner un domaine important. En fait, Éguisheim aurait été occupé dès le Paléolithique ! Aujourd’hui, c’est un gros village viticole (deux grands crus, Eichberg et Pfersigberg) et touristique, ‘‘Le Village préféré des Français’’ en 2013. Site Internet de la commune https://www.ville-eguisheim.fr/ (→ la section ‘‘découvrir Éguisheim est intéressante) ; lien Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Eguisheim ; page Facebook ‘‘Tourisme Éguisheim-Rouffach’’ https://www.facebook.com/Eguisheim/
Concernant ÉGUISHEIM, voici les précisions que me transmet mon ami Jean-Marie Nick, un historien alsacien que les lecteurs du blog connaissent bien, qui a été chef d’agence du quotidien ‘‘L’Alsace’’, adjoint au maire de Lutterbach et président-fondateur de l’association ‘‘Pro Hugstein’’ : voir le lien http://www.alsace-culture.com/artiste-jean-marie-nick-117.html : précisions publiées ici avec son aimable autorisation.
« Situé à quelques kilomètres au sud de Colmar, le ban d'Eguisheim est émaillé, selon le "Dictionnaire des communes du Haut-Rhin" (Université de Haute-Alsace – Alsatia 1980), de très nombreux sites archéologiques pré- et protohistoriques, romaines et médiévales. Mais la cité doit surtout sa notoriété à l'illustre famille comtale éponyme.
Le village contrôlait différentes routes : l'une menait à l'abbaye de Marbach ; une autre, par la montagne et passant à côté des châteaux de Haut-Eguisheim, rejoignait le val Saint-Grégoire et l'abbaye de Munster ; la troisième – la plus importante – surveillait l'axe sud-nord, le long du vignoble vosgien, en fait l'antique voie romaine Mandeure-Saverne. Cette route représentait une source considérable de revenus pour le possesseur d'Éguisheim.
La localité semble remonter au 7e siècle d'après la chronique de l'abbaye d'Ebersmunster qui est du… 12e siècle. D'après l'ouvrage universitaire cité, Eberhard, un parent lointain de Sainte Odile (et donc d'Etichon, duc d'Alsace mérovingien), seigneur d'Eguisheim et comte du Nordgau, aurait possédé en ce lieu, dès le 8e siècle, une villa ou y aurait construit un premier château. L'habitat (des propriétés ecclésiastiques et laïques ainsi que des maisons plus modestes de paysans et de vignerons) se serait développé autour de la résidence comtale.
Concomitamment à l'urbanisation d'Eguisheim de nombreux couvents et abbayes y deviennent propriétaire de biens par donation ou acquisition : Munster, Marmoutier, Eschau, Hohenbourg (mont Sainte-Odile), les Catherinettes de Colmar, Honcourt, Lautenbach et quelques autres !
Les historiens et généralement universitaires auxquels se réfèrent la plupart des amateurs désireux de connaître l'origine des châteaux forts d'Alsace ne proposent pas les mêmes thèses quant à la date d'érection du château urbain d'Eguisheim.
• Le "Dictionnaire des communes du Haut-Rhin" (Université de Haute-Alsace – Alsatia 1980) écrit : ‘‘En 727 (d'après le chronique d'Ebersmunster du 12e siècle), le comte Eberhard (Ndr : le fondateur de Murbach) construisit (à Eguisheim) un château et y résida’’.
• Charles-Laurent Salch attribue la construction de ce château vers 1225-1232 au roi Henri VII (1211-1242), dans le cadre de la guerre de succession à Gertrude d'Eguisheim-Dagsbourg ("Nouveau dictionnaire des châteaux forts d'Alsace" – Alsatia 1991).
• Le "Dictionnaire des monuments historiques" (La Nuée Bleue 1995) situe sa construction dans le cadre ‘‘de la diffusion en Alsace au début du 13e siècle des châteaux octogonaux’’ et le considère comme ‘‘bien des comtes d'Eguisheim’’ et non comme bien royal germanique aux mains des Staufer.
• L'ouvrage de Nicolas Mengus- Jean-Michel Rudrauf "Châteaux forts et fortifications médiévale d'Alsace" le considère également comme une création des comtes de Dagsbourg-Eguisheim.
• Enfin, dans leur excellent "Burgen des Elsass", tome II (Deutscher Kunstverlag 2007), Biller et Metz mentionnent aussi la chronique d'Ebersmunster selon laquelle les comtes d'Eguisheim auraient eu une résidence dans la bourgade. Ils soulignent que la chronique ayant été écrite quatre siècles après l'existence du fameux comte Eberhard apparaît comme totalement non crédible. Les deux historiens précisent que ce que l'on considère, en se basant sur certaines sources, comme château urbain concerne en fait le Haut-Eguisheim. Selon ces deux auteurs, il est même difficile d'affirmer que ce château a pu être construit par les derniers Eguisheim ou s'il a été édifié par leur héritier, le prince-évêque de Strasbourg. Les fouilles de 1994 et 1995 n'ont rien apporté quant à une nouvelle datation.
Les amateurs que nous sommes se contenteront donc des repères donnés par Biller et Metz et repris par Mengus et Rudrauf. En revanche, faire naître le pape Léon IX (1002-1054) dans ce château relève historiquement de la pure fantaisie, le château ne remontant architecturalement parlant qu'au premier tiers du 13e siècle.
Le château, de forme octogonale, est situé en plein cœur de la ville médiévale. Il a vu le jour très probablement durant la première moitié du 13e siècle sans que l'on puisse clairement affirmer qu'il s'agit d'une création des comtes d'Eguisheim ou d'une réalisation du prince-évêque de Strasbourg qui leur a succédé comme suzerain. En effet 1225, après la mort de Gertrude de Dagsbourg-Eguisheim, ultime héritière du comté, la seigneurie est rattachée au Haut-Mundat épiscopal, dont la capitale est Rouffach. Selon Biller et Metz in "Burgen des Elsass", tome II (Deutscher Kunstverlag 2007), le château n'est mentionné clairement qu'au début du 14e siècle lors d'une inféodation, sous l'épiscopat de Jean de Dirpheim (1306-1328).
Suite à la fortification de la cité, le château perd progressivement de son intérêt. Il est même pillé par les Armagnacs en 1445. Qualifié de délabré au 16e siècle, il bénéficie tout de même de restaurations à cette époque-là, ce qui permet à cette fortification de garder son apparence médiévale jusqu'à la fin du 18e siècle. Il est vendu comme bien national, puis démantelé : le donjon octogonal et la porte sont rasés. En outre, partiellement habité par des ouvriers journaliers, il brûle en 1876. Le site, racheté par Mgr Pierre-Paul Stumpf, évêque de Strasbourg entre 1807 et 1890 et natif d'Eguisheim, est réaménagé par l'architecte Charles Winckler à la fin du 19e siècle avec la construction d'une chapelle néo-romane dédiée au pape Léon IX et consacrée en 1894.
Le château urbain d'Eguisheim est l'un des trois châteaux alsaciens à plan octogonal avec le Burgstall de Guebwiller (Haute-Alsace), dont il ne reste que quelques vestiges, et avec le château de Wangen (Basse-Alsace), entièrement disparu.
→ Les passionnés de castellologie liront avec intérêt au sujet de ce château urbain l'article magnifiquement illustré de l'archéologue Jacky Koch "Le château urbain d'Eguisheim : un état de la question", in "Châteaux forts d'Alsace" N°4 – CRAMS 2000, pages 5 à 18. Impossible de communiquer ici une telle somme de recherches et de connaissances.
En 1225, suite au décès sans descendance de Gertrude, dernière comtesse de Dagsbourg-Eguisheim, le village se présente comme une aubaine pour l'évêque de Strasbourg : en l'annexant à ses fiefs, il augmente considérablement son domaine viticole. Eguisheim s'ajoute à ses autres biens fonciers du Haut-Mundat, à savoir Rouffach et Soultz, placés sur la même route.
La possession épiscopale effective du village et de la seigneurie, voire du château urbain, qu'il a peut-être fait édifier ou qu'il a récupéré avec la seigneurie ne se fera qu'en 1236. Les princes-évêques de Strasbourg garderont cette seigneurie jusqu'à la Révolution.
Dès lors, l'évêque s’empresse d'entourer le village devenue villette d'un rempart concentrique autour du château. La construction a lieu après 1236, mais avant 1257, date de la première citation de la porte haute dans un document. Ce rempart sera doublé plus tard à une période indéterminée, peut-être à l'époque des armes à feu, car une couleuvrinière ronde avec visée cruciforme est encore visible au rempart nord.
La ville est accessible par deux portes détruites en 1815 : l'Untertor (la porte inférieure en direction de Colmar) et l'Obertor la porte supérieure en direction du piémont viticole et de Husseren [aujourd'hui "-les-Châteaux"). Mais les remparts ne suffisent toutefois pas à contenir les Armagnacs qui incendient la ville et le château en 1445. Eguisheim a aussi à souffrir de la cruelle Guerre de Trente Ans (1618-1648). Les Suédois prennent la ville le 11 novembre 1632. Mais la population a déjà subi auparavant bien des exactions : on y a prélevé des gens pour la troupe et de la nourriture pour la soldatesque. À noter encore que pendant la Guerre de Hollande (1672-1678), le maréchal de Turenne, accompagné de mille hommes, prend ses quartiers à Eguisheim avant la fameuse bataille de Turckheim du 5 juin 1675. La famine et la peste ont également sévi. Pourtant, la ville n'a pas été détruite et nombreuses sont encore les belles demeures des 16e et 17e siècles.
C'est pourquoi la petite ville a été labellisée comme l'"Un des plus beaux villages de France" depuis 2003 et a décroché l'enviable titre de ‘‘Village préféré des Français’’ en 2013 lors de l'émission de France 2 présentée par Stéphane Bern. »
QUELQUES RAPPELS :
► Vous trouverez le tout dernier tableau Excel permettant l’accès choisi à tous les circuits de ce blog (jusqu’au n° R 863 inclus) sur le lien https://ltd-rando68.over-blog.com/2026/04/nouvelle-mise-a-jour-du-tableau-excel.html
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► LA PHOTO D’OUVERTURE (et de fermeture) :
‘‘Éguisheim, dont les ruelles s'enroulent en cercles concentriques et multicolores autour de son château’’, comme le dit justement cet extrait de la présentation sur le site Internet. La commune d’Éguisheim, gros village viticole et touristique au sud de Colmar, a été construite en circulaire autour de la place du Château, lequel château-fort adoptait un plan octogonal assez rare (*) et passe pour être celui où est né le pape saint Léon IX de la famille des Éguisheim : Brunon d'Eguisheim y serait né le 21 juin 1002 (*). Il ne reste plus aucune trace visible de ce château, mais la chapelle Saint-Léon IX a été construite au 19è siècle dans son ancienne cour et repose sur les fondations du donjon.
(*) À ce sujet, on lira ci-dessus et avec intérêt ce qu’en dit l’historien Jean-Marie Nick… Lequel me précise qu’il n’y a eu en Alsace que 3 châteaux avec un plan octogonal, Wangen (Bas-Rhin, disparu), Guebwiller (le Burgstall) et donc Éguisheim.