Je voulais faire une sortie-découverte, et je me retrouve avec une randonnée ! Mais j’ai gardé le titre et la photo d’ouverture prévue !
Explications : une quarantaine d’élèves de classes de 4è et 3è du collège du Hugstein à Buhl ont fait des recherches sur la chaume d’Oberlauchen au-dessus de Linthal, et surtout sur le marcaire anabaptiste Jacob Steiner, qui s’y était installé à la fin du 18è siècle. Leurs travaux ont été initiés puis guidés par 2 professeurs, Lionel Godmet (prof de religion catholique) et Gaëlle Vandemoortele (prof d’histoire-géographie). À l’occasion d’une exposition dans le village fin mai, ils ont mis en place trois panneaux explicatifs sur le terrain, que j’étais impatient de découvrir.
Sauf que sur le terrain, il n’y a rien ! Les panneaux ont peut-être déjà été enlevés début juillet, lorsque la chaume a été transformée en pâturages clôturés : mystère… Heureusement, j’avais une randonnée en réserve ! Je publie néanmoins ci-dessous les recherches que j’ai faites de mon côté, et c'est long...
LE DESCRIPTIF
DÉPART-ARRIVÉE : parking juste avant le lac de la Lauch : accès par la D 430, direction Guebwiller puis Markstein.
LA CARTE DU CIRCUIT (carte TOP 25 n° 3620 ET Grand Ballon Cernay Guebwiller)
→ AVEC OPENRUNNER : accès direct à l’ensemble du parcours et tracé altimétrique actif, téléchargeable sur GPS, sur le lien https://www.openrunner.com/route-details/22095527
Les 2 photos ci-dessus : on part sur le GR 532 « rectangle jaune », qui démarre sur la droite juste après le panneau ‘‘Lac de la Lauch’’, direction Oberlauchen.
La photo : après 15mn de montée dure et rocheuse, on sort de la forêt et on est sur la chaume d’Oberlauchen, avec déjà un premier pâturage pour une douzaine de vaches.
◄ Au 1er croisement de chemins, point-altitude 1108 sur la carte, prendre à gauche, « triangle rouge » : je suis à la recherche des panneaux fabriqués par les collégiens, mais que nenni !
Les photos : il y a là un troupeau d’une cinquantaine de vaches, avec une remorque pour la traite d’une dizaine de bêtes (et le groupe électrogène nécessaire), et en arrière une autre remorque citerne. On verra plusieurs ruisseaux qui traversent le chemin ou passent en-dessous.
◄ Inutile d’aller plus loin, demi-tour donc, retour en croisement précédent, et on continue à grimper sur le GR 532 « rectangle jaune », direction col d’Oberlauchen. Le petit panneau avec une photo de l’Oberlauchen est un ‘‘fake’’ ancien, la ferme-auberge et marcairerie ne se trouvait pas ici, c’est certain.
Les 2 photos : plus on monte, et plus les genets et les arbres envahissent la chaume. On débouche sur un chemin, qu’on suivra vers la droite, direction col du Lauchen à 2,3 km et c’est toujours le GR 532 « rectangle jaune ».
Ce chemin est d’abord plat, puis en décente douce et régulière après un large virage. Cet imposant bassin carré était sans doute un abreuvoir pour les chevaux qui tiraient des charrettes lourdement chargées, durant la 1è Guerre Mondiale.
Les photos : on arrive au col de ou du Lauchen, altitude 1194m, qui se distingue par un abri en béton d’une laideur rarement égalée. Prendre alors le sentier qui monte à gauche, balisage « rectangle jaune-blanc-jaune », direction Klintzkopf.
Les photos : nous sommes dans une zone hyper protégée, et cet itinéraire de randonnée n’est pas ouvert toute l’année ! Il s’agit d’un sentier magnifique, en montée douce et continue, inclus quelques zigzags.
Les photos : on arrive sur un plateau bordé de barrières (les anciens sentiers partant à droite ne sont plus accessibles), et avant de sortir de la forêt on verra à droite du sentier une entrée de souterrain.
Les photos : voici le côté Est, couvert de myrtilliers, et le panneau sommital, altitude 1329m (il y a 1m d’écart entre la carte IGN et le panneau du CV, comme avant au col).
Les photos : le sommet du Klintzkopf est rocheux, et aussi herbeux ; en face, on voit bien le radar du Grand Ballon.
Le sommet semble avoir porté un abri en pierre de la 1è Guerre Mondiale, détruit par des obus, et dont l’accès se faisait discrètement par le sous-terrain vu juste en arrivant.
Les photos : de l’autre côté c’est la descente, et on traverse la chaume sommitale du Klintzkopf : couverte de myrtilliers, elle n’est plus pâturée. Plus loin, la chaume d’Oberlauchen tranche nettement avec sa belle couleur verte.
Les 2 photos : la suite de la descente est en forêt (accès interdit hors du sentier), et c’est du rapide ! Après passage sous la barrière de sortie, on arrive au col d’Oberlauchen, alt 1211m, et juste en-dessous on verra la stèle de l’ancien cimetière militaire franco-américain de la 1è Guerre Mondiale (les tombes ont toutes été déplacées dans les cimetières des communes de la vallée).
► Suivre le chemin « X bleu » sur 20m vers la gauche, et on trouve le GR532 et son « rectangle jaune » qu’on suivra en descente à droite, direction Lac de la Lauch, pour un rapide trajet commun avec la montée.
Au croisement, prendre le chemin vers la gauche, non balisé, empierré et en légère descente.
Les photos : je retrouve le premier troupeau de vaches vu en montant, et avant la forêt on continue sur le chemin empierré qui descend vers la droite. Des arbres ont été coupés, ils serviront de bois de chauffage après avoir été réduits en plaquettes ou pellets.
► Point-altitude 1037 sur la carte : notre chemin fait un large virage vers la droite (ne pas prendre le chemin du Heidenfelsen). Un peu plus loin : virage à gauche, barrière ouverte, le chemin de l’Oberlauchen se termine et on débouche sur la route D 430, point-altitude 980 sur la carte. Prudence, ça roule parfois très vite ici !
Traverser et suivre cette route vers la droite, en restant prudemment sur le bas-côté gauche. En marchant un peu vite, ces 700m passeront en 5 à 6mn, et on retrouve le parking.
Temps de marche pour ce petit circuit très sympathique et intéressant : 2 heures et 30 mn (moyenne : 3,5 km/h).
Merci aux bénévoles de la section du CLUB VOSGIEN DE GUEBWILLER (président Christian MARGUIN, site Internet https://club-vosgien-guebwiller.fr/), qui s’occupent de l’entretien et du balisage des itinéraires de ce vaste secteur. ► Site de la Fédération du Club Vosgien, qui regroupe 130 associations dans le massif : https://www.club-vosgien.eu/
LA PARTIE CULTURELLE
OBERLAUCHEN, CHAUME ET FORÊT
La Lauch, c’est une importante rivière d’Alsace qui prend sa (ses) source(s) dans le secteur compris entre le Breitfirst et le Lauchenkopf, puis descend en torrent dans la vallée de Guebwiller, avant de couler tranquillement dans la plaine jusqu’à sa confluence avec l’Ill, non loin de Colmar. Le lac de la Lauch, ancienne cuvette glaciaire puis tourbeuse, transformée en lac artificiel à la fin du 19ème siècle, alt 942m, est un important site paysager touristique et départ de randonnées pédestres : il marque la transition entre les ruisseaux de montagne et la rivière de la vallée.
Le lac de la Lauch, avec en haut les chaumes et remontées mécaniques du Markstein : photo prise en octobre 2023. (Photo archives LTD-P.BR)
À propos du nom ‘‘Lauch’’, l’encyclopédie Wikipédia propose une explication longue et détaillée. Il est dit d’abord que « l'origine du nom de la Lauch provient sans doute du celtique lu = eau et bi = petit et de l'allemand aha, eau ». Suit toute une série de noms relevés dans les archives haut-rhinoises, entre le 8ème et le 15ème siècle, comme Loffichia, Lovhaha, Loufaha, Löchahe, Löcha, Loucha, et on sent bien se dessiner le nom finalement retenu. Et de préciser encore que « dans ce cas, il faut supposer le gallo-romain loch(ha), ou le vieil-alémanique lahha ou luhha, à l'origine de l'allemand das Loch ou die Lache, les deux proches du latin lacus, qui a engendré le mot français lac. Le premier sens indo-européen, présent en gaulois, germanique ou même en latin, signifie le trou, la fosse, éventuellement rempli(e) d'eau ». La conclusion ne manque pas d’intérêt : « Les peuplades gauloises considéraient probablement ce dernier lieu montagnard comme la naissance sacrée de la rivière. D'où l'interprétation alémanique en eau du lac ou "Lochaha", bien observable au milieu du Moyen-âge. Le grand versant au soleil, constellé de chaumes dès l'antiquité, en a gardé de multiples traces dans sa toponymie ». Nous y voilà !
La Lauchenkopf (‘‘Tête ou sommet de la Lauch’’) est un sommet qui culmine à 1314m. Cette chaume sommitale est nommée dans les archives haut-rhinoises ‘‘Inlochen’’ en 1496 et ‘‘Lauchensluck’’ en 1738. Le sommet a appartenu depuis l’époque carolingienne à l’abbaye de Munster ; il fait partie des chaumes et forêts concédées sous l’administration de la ville libre alsacienne de Munster, jusqu’au terme de l’Ancien Régime. Seul son versant méridional appartenait à l’abbaye de Murbach : en particulier, la chaume et la forêt d’Oberlauchen surplombant le lac de la Lauch étaient gérées par le prieuré de Lautenbach. Le village de Linthal appartenait lui-même partiellement à la prévôté de Lautenbach depuis le 12è siècle, les chanoines en devenant les véritables propriétaires deux siècles plus tard.
Le sommet du Lauchenkopf, altitude 1314m. D’abord avec sa borne IGN et son panneau : vue prise en juillet 2022, en direction du Nord. Ensuite vue vers le Sud, même date, avec une belle chaume clôturée et donc pâturée ; un peu plus bas, après le rideau d’arbres, la vaste chaume d’Oberlauchen. (Photos archives LTD-P.BR)
La chaume d’Oberlauchen (situation actuelle) : une chaume est un pâturage d’altitude. Celle-ci, bien ensoleillée, est située sur le ban de la commune de Linthal ; ‘‘elle est pâturée de manière extensive pendant toute la belle saison par un troupeau de bovins, selon un strict cahier des charges ; elle a été récemment intégrée à la Réserve biologique domaniale de la forêt de Guebwiller. La gestion agricole est encadrée par une convention de gestion entre l'Office national des Forêts et l'exploitant agricole, ainsi que par des mesures agri-environnementales. Le site est intégré au réseau Natura 2000.’’ Sources et liens : classement en ZNIEFF, lien https://inpn.mnhn.fr/zone/znieff/420030116 ; lien Natura 2000 http://pnrbv.n2000.fr/sites/pnrbv.n2000.fr/files/documents/page/Cahier1_Markstein.pdf)
La chaume d’Oberlauchen, sur un versant ensoleillé, est belle et déjà en herbe et en fleurs, mais elle disparait peu à peu au profit d’arbres qui ont déjà de belles dimensions, alors que les genévriers sont partout ! Sur l’autre versant, les très riches heures du Markstein ont laissé de larges saignées dans la forêt. Vue prise en mai 2025, en descendant du col d’Oberlauchen (alt 1211m) vers le lac de la Lauch, en suivant le GR 532. Pour les fleurs, à la même date, la couleur jaune domine nettement, avec ici les pissenlits, les pensées sauvages, et les grandes gentianes pas encore en fleurs mais en pleine croissance. (Photos archives LTD-P.BR)
Linthal est une petite commune de montagne à 7km en amont de Guebwiller, dont le nom signifie ‘‘vallée du tilleul’’ (le blason représente d’ailleurs cet arbre) ; le village compte près de 600 habitants (Linthalois et Linthaloises). Regroupant de nombreux écarts et lieux-dits, il a été lourdement marqué par les combats de la Première Guerre Mondiale (le futur maréchal Rommel [1891-1944] fit ses premières armes sur le front du Hilsenfirst). Site Internet de la commune https://linthal.fr/ (dans la section Patrimoine, on trouvera un lien PDF sur la bataille du Hilsenfirst, et surtout une présentation très détaillée du patrimoine zoologique). Le lien Wikipédia est assez détaillé https://fr.wikipedia.org/wiki/Linthal_(Haut-Rhin) mais ne mentionne ni l’Oberlauchen ni Jacob Steiner ; je retiens néanmoins ce passage qui nous concerne : « Après la guerre de Trente Ans le village se repeuple de nouveau grâce à l'arrivée d'habitants originaires de Suisse qui commencent à défricher les forêts sur les pentes de la montagne. C'est à la suite de ces défrichements qu'apparaissent les hameaux où s'installent des marcaires qui vivent de l'élevage du bétail. »
LA FERME D’OBERLAUCHEN
Ferme (disparue) ou Melkerei (marcairie ou marquairerie d’altitude) Oberlauchen : elle serait l’une des plus anciennes du massif, et pourrait dater du 17è siècle. L’Histoire indique que, ‘‘dès 1494, la collégiale de Lautenbach a loué la chaume de l’Oberlauchen à la communauté de Linthal pour un canon annuel de 5 livres et un fromage par chanoine’’. Je n’ai bien sûr trouvé aucune autre précision quant à la date de construction de cette ferme : 17è siècle, c’est déjà bien…
Carte postale non datée montrant la ferme Oberlauchen, avec au fond le sommet le plus élevé du Markstein, le Jungfrauenkopf, 1278m. (Document remis)
Jacob Steiner, venu de Suisse où il subissait des persécutions dues à sa religion, arrive dans la haute-vallée de Guebwiller vers 1790 (fin du 18è siècle) et s’installe à Linthal comme marcaire de la ferme d’Oberlauchen, en y prenant la succession de son beau-père. Le développement de la ferme est rapide, celui de sa renommée également.
Bizarrement, on ne sait rien sur le rôle joué par cette ferme lors de la Première Guerre Mondiale. J’ai retrouvé un épisode peu connu de la période de l’entre-deux-guerres : le premier pied à terre de l'Association des Amis des Vosges Mulhouse, créée en 1921, fut la ferme de l'Oberlauchen. Difficilement accessible à cette époque, elle fut abandonnée par l’amicale deux ans plus tard au profit de la ferme du Moorfeld.
Par la suite, la ferme, devenue café-restaurant puis ferme-auberge vers 1930, aurait été filière de résistance et d’évasion lors de la Seconde Guerre Mondiale (famille Schaffhauser, dont les trois fils, incorporés de force dans la Wehrmacht, moururent sur le front russe).
Carte postale, sans doute vers 1930, montrant le café-restaurant-ferme -on ne disait pas encore ‘‘ferme-auberge’’- Oberlauchen : tout le matériel pastoral et fromager a été sorti pour la photo ! (Collection privée Jean Spenlé)
La ferme, abandonnée depuis 1962, a été complètement détruite l’année d’après, suite à une décision de l'Équipement (Ponts et Chaussées de l’époque). Mais ces dates ne sont pas figées : selon le bulletin d’information de Linthal daté de janvier 2018, ‘‘la chaume du Lauchen (ou Oberlauchen) hébergeait jusqu’en 1969 une marcairie de belle réputation’’. C’est d’ailleurs cette année-là que reprend l’historique très détaillé de la famille Wolf à l’hôtel du Markstein : « 1969 : démolition par l’Équipement de la ferme de l’Oberlauchen » (source http://hotel-wolf.fr/histoire/) et nous la retiendrons également.
La ferme Oberlauchen, avec sans doute le col éponyme en arrière : carte postale non datée, mais qui est peut-être des années 50’ ou 60’. (Document remis)
JACOB STEINER
C’est qui celui-là ? Un Suisse, né en 1754 dans le canton de Berne, francophone donc. Chez lui, il est persécuté par ses convictions anabaptistes, d’autant qu’il cherche à les partager en étant prédicateur.
Les anabaptistes favorisent le vivre ensemble dans la discrétion. Leur mouvement, issu de la Réforme dite radicale, apparaît en Suisse, aux Pays-Bas et dans le Saint-Empire germanique. Ils mettent l'accent sur les communautés de convertis et le baptême des croyants adultes : en pratiquant uniquement ce type de baptême, ils ne reconnaissent pas le baptême des enfants, et se distinguent ainsi de la Réforme luthérienne. Les principaux groupes anabaptistes historiques sont les huttérites, les mennonites et les ‘‘Frères suisses’’ ; le mouvement se perpétue également au travers des Amish et des ‘‘Frères de Schwarzenau’’. (Source : Wikipédia)
Jacob Steiner s’enfuit de Suisse et arrive dans la vallée de Guebwiller, en particulier dans le village de Linthal, dont la population a fondu lors de la guerre de Trente Ans. Jacob Steiner est un bon cultivateur, malin aussi puisqu’il épouse la fille du marcaire de la ferme de l’Oberlauchen, et il va bientôt prendre sa succession. Les Steiner auront 5 enfants, et très vite la ferme connaît un fort développement.
Carte postale montrant la ferme d’Oberlauchen, comme elle pouvait être peu après l’arrivée de Jacob Steiner, avec un bel ensemble de bâtiments et un solide troupeau de vaches. (Collection privée Jacques Ansel)
Cultivateur et éleveur de vaches, il est reconnu pour la qualité de ses productions : fromages et gentiane, mais attention, celui qu’on appellera bientôt ‘‘le patriarche’’ va devenir un vrai mythe ! « La chaume d’Oberlauchen, d’une superficie de plus de 60 ha, sera dotée d’un large réseau d’irrigation dont les rigoles sont encore visibles. » Les randonneurs marchant sur le GR 532 ‘‘Sentier des Américains’’ savent qu’il y a encore toujours de nombreuses zones humides aux abords du col d’Oberlauchen. « Son gruyère [en plus du classique Munster], ses plantes médicinales et sa liqueur de gentiane [jaune] connaîtront une belle renommée. » On prétend même que cette liqueur aurait été exportée jusqu’aux Pays-Bas ! (Source : Hubert Martin, professeur des écoles et historien de Linthal, in ‘‘L’Ami Hebdo’’, juillet 2025)
Le passionné d’histoire Hubert Martin présente le tome 2 de sa trilogie sur ‘‘Les troupes américaines sur les crêtes du Haut-Florival et le cimetière temporaire de l’Oberlauchen’’. (Photo DNA - CG)
« D’une grande érudition, calligraphe, prédicateur, Jacob Steiner était un humaniste renommé qui hébergea deux prêtres réfractaires du chapitre de Lautenbach pendant la Terreur. » (Hubert Martin). Son sens de l’hospitalité l’a même incité à cacher le curé réfractaire de Lautenbach, menacé de mort au moment de la Révolution. « Sa ferme est dotée d’une riche bibliothèque et accueillera de nombreux botanistes, historiens et hommes de foi. [Les premiers touristes dans le massif aussi.] Des dortoirs avaient été aménagés dans les dépendances et une petite restauration était assurée. La marcairie sera même équipée d’une piste de danse, surprenante entorse à l’austérité anabaptiste. C’est ainsi que Jacob Steiner est souvent considéré comme le pionnier du concept de ferme-auberge [dans les Vosges] » (Même source que ci-dessus).
Le paysan Jacob Steiner quitte l’Oberlauchen en 1830 (il a alors 76 ans), pour s’installer dans la vallée de Munster, chez sa fille ; il y décède l’année suivante.
→ Ne pas confondre Jacob Steiner avec Rudolf Steiner (de nationalité autrichienne, né en Croatie en 1861, mort à Dornach en Suisse en 1925), fondateur de l'anthroposophie, une doctrine spirituelle qui perdure aujourd’hui grâce à l’agriculture biodynamique, la médecine anthroposophique et les écoles Steiner-Waldorf, lesquelles appliquent un courant pédagogique fondé sur ses conceptions éducatives et anthroposophiques.
► Sauf mentions contraires : textes et photos Pierre Brunner, août 2025. Courriel perso : brunner.pierala@orange.fr ◄