L’ESSENTIEL : petit circuit de découverte autour du Hartmannswillerkopf, commune de Wattwiller (68).
La construction d’un nouvel abri destiné aux randonneurs est un événement rare, qui mérite d’être salué ! Le dernier en date est situé sur un petit plateau en contrebas du Hartmannswillerkopf, au lieu-dit ‘‘Pointe Superbe’’, un endroit peu connu et pas vraiment facile d’accès, sur le ban de la commune de Wattwiller.
Je vous propose une façon d’y arriver sans trop de difficultés, en partant du parking de l’historial franco-allemand. Après la visite des lieux, la montée continue jusqu’à la croix sommitale, avant le retour direct au parking.
DÉPART-ARRIVÉE : parking du mémorial du HARTMANNSWILLERKOPF, commune de WATTWILLER (68). Accès conseillé depuis Uffholtz, petit village à côté de Cernay, par la D 431, direction Grand Ballon et Vieil Armand.
LA CARTE DU CIRCUIT (carte TOP n° 3620 ET Grand Ballon Cernay Guebwiller)
→ AVEC OPENRUNNER : accès direct à l’ensemble du parcours et tracé altimétrique actif, téléchargeable sur GPS, sur le lien https://www.openrunner.com/route-details/22171862
LE DESCRIPTIF :
Les photos ci-dessus : le nouvel historial franco-allemand du Hartmannswillerkopf (encore appelé Vieil Armand) : vue avant et vue arrière.
Les photos : suivre le chemin empierré qui part à l’arrière de l’historial, d’abord plat et avec un triple balisage du Club Vosgien, puis en légère descente après une barrière en bois. Prendre le sentier qui descend à droite, « disque jaune », vers Monument Serret.
► Descente rapide en forêt ; on croise un chemin et notre sentier continue en face.
Les 2 photos : en arrivant à une passerelle, petit crochet 20m à droite jusqu’au Monument Serret.
Les 2 photos : retour sur la passerelle Michel Pabst, et on continue légèrement à gauche sur le sentier « disque bleu », Hartmannswillerkopf par Pointe Superbe.
► Le conseil est de suivre le sentier et son excellent balisage, sans chercher l’aventure d’un côté ou de l’autre ; il reste un peu partout des morceaux de fer ou des barbelés peu visibles, qui pourraient provoquer de vilaines blessures.
Les 2 photos : ce sentier en montée passe dans une ancienne tranchée française, partiellement rebouchée depuis le temps. Cet ouvrage avait été construit par la 2è Compagnie du 15è Bataillon de Chasseurs à Pied.
Les photos : cette entrée (bouchée) permettait d’accéder à couvert à un autre ouvrage, dont on voit la partie en surface.
Les photos : ce passage permet de mieux appréhender la hauteur d’une tranchée, et un accès à couvert.
Les 2 photos : on voit ici la fin de cette tranchée, et des chevaux de frise avec leurs barbelés. Tout ce secteur était français.
► Après les restes d’un ouvrage plus important, on profite de quelques marches en bois qui ne datent pas de la Grande Guerre !
Les 2 photos : on arrive bientôt à la Pointe Superbe, avec une entrée souterraine vers l’ancien poste d’observation, et un premier aperçu du nouveau chalet !
Les photos : voici le plateau, et l’ancienne table de Bernard, installée en 2019, est toujours là. Mais c’est évidemment le nouveau chalet qui mobilise notre attention, il faut dire qu’il a belle et fière allure !
Les photos : la terrasse est quasi terminée, mais pas l’intérieur. Voici deux gros plans montrant la qualité et la solidité de l’ouvrage.
La photo : cette stèle récente (inaugurée au mois de mai dernier) rappelle l’engagement du 7è Bataillon de Chasseurs Alpins, des Alpins qui vont donner symboliquement leur nom au nouveau chalet.
► Notre itinéraire « disque bleu » reprend juste au-dessus de cette stèle, et il suffira de bien suivre le sentier et son balisage.
Les 2 photos : nous sommes maintenant dans le secteur allemand, le matériel utilisé paraît plus solide, comme cet ensemble de poutres qui recouvrait un abri ; on repère aussi les ‘‘tire-bouchons’’ qui permettaient d’accrocher des rangées de barbelés.
► On débouche sur un chemin horizontal, « disque bleu » s’arrête alors : prendre à droite, balisage « anneau rouge ». On suivre ensuite le premier sentier à gauche, bizarrement non balisé (sinon, on redescend inutilement), et tout aussi bizarrement la Croix Sommitale n’est indiquée nulle part : elle est pourtant toute proche !
On verra dans ce secteur de gros ouvrages allemands, avec force rails épais, grosses pierres taillées et sac de ciment, dont les entrées souterraines sont soigneusement fermées ; puis de nouveau des ouvrages français en pierre, dont certains ont été reconstitués avec soin.
La photo : voici la croix sommitale du Hartmannswillerkopf, qui se voit de loin par sa hauteur et avec sa blancheur.
► Suivre ensuite le balisage vers col du Silberloch, sur un chemin pierreux en descente.
La photo Carte postale classique avec le cimetière militaire, nécropole nationale, et en arrière la chaume du Molkenrain, avec à gauche la ferme-auberge.
► On contournera le cimetière par la gauche, et une légère montée nous permet de retrouver le chemin du départ, jusqu’à l’historial et le parking le long de la D 431.
Textes et photos : Pierre Brunner, août 2025. Courriel personnel brunner.pierala@orange.fr
Merci aux bénévoles des sections du CLUB VOSGIEN DE CERNAY (Président : Christian SCHOTT, site Internet https://www.clubvosgiencernay.fr/) et de la section AHWK Amis du Hartmannswillerkopf (Président: Eric METTLER, Site Internet https://www.ahwk.fr/ et page Facebook active https://www.facebook.com/amisduhwk/?locale=fr_FR), qui s’occupent de l’entretien et du balisage des itinéraires de ce secteur. ► Site de la Fédération du Club Vosgien, qui regroupe 130 associations dans le massif : https://www.club-vosgien.eu/
UN PEU DE CULTURE :
Nous sommes ici sur le flanc sud-est de la montagne, tout près du Monument Serret, sur un sentier montant vers la croix sommitale. Il y a là un plateau qui fut occupé par l’armée française lors des combats sanglants de la Première Guerre Mondiale, vraisemblablement avec un observatoire installé dans les rochers et accessible par un petit tunnel : comme en témoignent son nom bien français, et ceux très voisins de Camp Baudot, Camp Renié, Poste Hennequin, sans oublier la tombe du sous-lieutenant Marcel Viollet et naturellement le monument du général Serret.
Le sentier balisé « disque bleu » par le Club Vosgien monte dans une tranchée qui fut en effet majoritairement occupée par les soldats français, mais en certains endroits on voit aussi des ouvrages allemands, car ici les adversaires étaient vraiment très proches ! Les Poilus surnommaient l’endroit ‘‘la tranchée électrique’’, parce que les soldats allemands y déposaient parfois des câbles puissamment électrifiés, dont le contact ne pardonnait pas…
Le plateau de la Pointe Superbe, à une altitude de 820 m, offre un panorama.. superbe et imprenable sur la plaine d’Alsace, la Forêt-Noire, et parfois les Alpes bernoises. Tout autour, chênes, hêtres et bouleaux ont réhumanisé cet endroit, que les Wattwillerois sont quasi les seuls à connaître. Car la montée est compliquée et difficile, que l’on passe par le Hirtzenstein ou par la Suisse Lippique.
Le plateau de la Pointe Superbe, avec la table de Bernard (S’Bernard Teschla), installée lors de la Journée Citoyenne de 2019. (Photo archives LTD RANDO, sept 2020)
LE CHALET
Il a été construit durant plusieurs mois par quelques habitants du village de Wattwiller, bénévolement et à la force des poignets, dans un endroit accessible uniquement à pied. Précisions de Mathieu Ermel, maire du village : « Ce projet, c’est le fruit d’une discussion entre amis, tous férus de ce point de vue remarquable. Gamins, nous y avons tous usé nos semelles pour monter au Hartmannswillerkopf. » Cette ‘‘schnaps idée’’ de construire ici un abri date du mois de mai 2023 et aurait pu demeurer à l’état de vœu pieux. Mais c’était sans compter sur la détermination des membres du collectif qui allait bientôt se créer autour d’elle. « Ils ont simplement dit “chiche” et la commune leur a emboîté le pas en délivrant un permis de construire pour faire ça dans les formes », se souvient Mathieu Ermel. Et d’ajouter : « Tout le bois coupé pour la construction vient du village, les arbres qui ont été abattus proviennent de la forêt au-dessus de l’étang du Lehwald. Marqués par l’office national des forêts, ils ont été débités en plaine grâce à une scierie mobile d’un habitant. Une façon de valoriser le local tout en minimisant les dépenses. » Régis, Thierry et Nicolas ont été les plus actifs, d’autres ont suivi.
À raison d’une fois par mois en moyenne, plus souvent à la fin, ils étaient généralement une demi-douzaine et jusqu’à une dizaine à ‘‘monter à la Pointe’’ comme ils disaient, pour abattre, débarder, couper, acheminer et construire. D’ici l’automne, le refuge sera pratiquement terminé et pourra abriter ses premiers randonneurs : la pièce de 20 m2 sera équipée de bancs de coin, de deux tables et de porte-manteaux, avec de grandes fenêtres pour profiter des paysages environnants. Une superbe terrasse couverte de 40 m2 complètera le dispositif. Ce refuge prendra le nom de ‘‘Chalet des Alpins’’, en hommage aux Chasseurs Alpins qui ont combattu au Hartmannswillerkopf pendant la Première Guerre mondiale.
► (Source : Frédéric Stenger, « Sur les hauteurs de Wattwiller, les bâtisseurs de la Pointe superbe », article paru dans le quotidien régional ‘‘Les Dernières Nouvelles d’Alsace’’ du 6 août 2025)
LE GÉNÉRAL SERRET
C’est un événement plutôt inattendu qui se produit en Alsace, le 9 août 1915 : Raymond Poincaré, Président de la République, est en visite sur le front, en compagnie du général Serret, le ‘‘grand patron’’ des opérations militaires en Alsace, qui l’accueille au château de Wesserling. Tous deux traversent St-Amarin, Moosch, Thann, puis Bitschwiller et Willer. Serret demande alors au Président de l’accompagner jusqu’à Thommansplatz (qui ne s’appelle pas encore Camp Turenne), ce qu’ils font. Là-haut, on leur sert ‘‘un déjeuner très convenable’’ (sic), et la fanfare du 6è BCA joue plusieurs morceaux, dont l’incontournable et fameux ‘‘Sidi Brahim’’. Tout cela quasiment à la barbe des Allemands.
Le général Marcel Serret, qui commandait par intérim et avec le grade de général de brigade, la 66e Division d'Infanterie de Montagne au Hartmannswillerkopf, effectuait le 28 décembre 1915 une tournée d’inspection des troupes sur le HWK, simplement escorté de son porte-fanion Chabrières. Un obus a explosé devant eux, et Serret a été grièvement blessé par un éclat au genou. Il est arrivé le lendemain à l'ambulance-hôpital 3/58 à Moosch : un chirurgien pratiqua l'amputation, mais celle-ci ne sembla pas faite assez haut, car la gangrène continua de progresser. Il fallut réopérer, mais il était déjà trop tard, et le général décéda d’une embolie le 6 janvier 1916, âgé de 48 ans. Il fut inhumé à la Nécropole nationale de Moosch, parmi 592 soldats tués dans les combats des Vosges ; le roi d’Italie Victor-Emmanuel II, ainsi que le président Raymond Poincaré, sont venus à Moosch s’incliner sur sa dépouille.
QUELQUES RAPPELS :
► Vous trouverez le tout dernier tableau Excel permettant l’accès choisi à tous les circuits de ce blog (jusqu’au n° R 803 inclus) sur le lien https://ltd-rando68.over-blog.com/2025/07/nouvelle-mise-a-jour-du-tableau-excel.html
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► LA PHOTO D’OUVERTURE (et de fermeture) :
Le nouvel abri des Alpins, au lieu-dit ‘‘Pointe Superbe’’, à peu près à mi-chemin entre le Monument Serret et la croix sommitale du Hartmannswillerkopf : il sera vite apprécié à sa juste valeur par tous les randonneurs du secteur !