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CERNAY : L’HISTOIRE PAR LE CIMETIÈRE

CERNAY : L’HISTOIRE PAR LE CIMETIÈRE

Aller marcher dans un cimetière, c’est un peu lugubre quand même, surtout par les temps qui courent et vu le nombre de morts que le DGS (directeur général de la Santé) Jérôme Salomon nous communique chaque soir ! Le Covid-19 fait son œuvre…

Revenons au cimetière de Cernay. « Ils ou elles ont fait l'histoire de notre commune et sont les gardiens du passé pour les générations futures.... », peut-on lire sur le site Internet du Service Cimetière de la commune. Et de citer Honoré de Balzac : ‘‘La gloire est le soleil des morts.’’ (La recherche de l'Absolu). Voilà un sujet d’étude tout trouvé, et un motif pour marcher sans sortir de la ville, comme l’impose l’attestation de déplacement dérogatoire.

Depuis chez moi, il me faut 15 mn pour arriver jusqu’à l’entrée principale du cimetière, en marchant vite ; idem pour le retour. Il ne me reste donc plus qu’une demi-heure sur place : c’est bien peu ! Je suis donc allé trois fois au cimetière, une fois pour un premier repérage, une autre fois pour affiner les choses et prendre des photos, et la dernière fois pour vérifier et compléter.

CERNAY : L’HISTOIRE PAR LE CIMETIÈRE

LE SERVICE CIMETIÈRE DE LA COMMUNE :

Ce service communal fait un travail absolument remarquable, précis, complet, accessible à tout le monde. Je l’ai donc très largement et quasi exclusivement utilisé, et lui exprime mes remerciements.

Pour avoir toutes les précisions souhaitées, il suffit de cliquer sur le lien https://www.webcimetiere.net/68/Cernay

ACCÈS

L’accès le plus facile et rapide se fait à pied depuis le parking de la Porte de Thann, par la rue du Repos (direction Uffholtz), et ensuite par la 1ère rue à gauche, rue de la Paix. On arrive juste en face de l’entrée principale : le portillon est à gauche de la grille.

En voiture, depuis la Porte de Thannn, prendre le faubourg des Vosges, direction Vieux-Thann et Steinbach, et de suite la 1ère à droite, rue des Montagnes. Prendre de suite à droite la rue de la Paix, on longe le nouvel espace Cinéraire, et on arrive au vaste parking. 

LES TOMBES REMARQUABLES :

Le lien découle du précédent site web, et il donne là-aussi toutes les précisions souhaitées sur les personnalités qui ont fait l’histoire de la commune : https://www.webcimetiere.net/68/Cernay/tombes-ou-defunts-remarquables 

→ Ici, je ne mentionnerai que les noms les plus importants, qui pourront de ce fait intéresser autant les habitants de Cernay, que celles et ceux vivant ailleurs. Je me suis donc limité à une douzaine de personnalités.

Les emplacements correspondants sont indiqués sur le plan par des numéros : j’espère ne pas avoir commis d’erreur. Comme je n’ai pas une pratique courante des cimetières, ce n’était pas très facile pour moi. Deux précisions :

  • Toutes les tombes dites remarquables sont repérées par un petit rectangle vert.
  • On trouvera un plan très détaillé et bien lisible du cimetière, avec les numéros des allées et des tombes, au centre du cimetière, sur le côté droit du grand crucifix, qui est dans l’axe de l’entrée principale.
Cette plaque verte est apposée sur chaque tombe remarquable : les heureux possesseurs d’un smartphone devraient même accéder directement à tous les renseignements.

Cette plaque verte est apposée sur chaque tombe remarquable : les heureux possesseurs d’un smartphone devraient même accéder directement à tous les renseignements.

Plan du cimetière : les tombes citées ici sont indiquées par un chiffre bleu encadré de la même couleur (source : https://www.webcimetiere.net/68/Cernay). Chacun/chacune pourra se faire son propre circuit, en suivant, ou pas, les numéros.

Plan du cimetière : les tombes citées ici sont indiquées par un chiffre bleu encadré de la même couleur (source : https://www.webcimetiere.net/68/Cernay). Chacun/chacune pourra se faire son propre circuit, en suivant, ou pas, les numéros.

DESCRIPTIF DES TOMBES :

1        INGOLD Jean-Joseph-François (Général), 1894-1980, n° d'emplacement    A2-002 ; enterré près d’Ingold Marie Antoinette et Ingold Gérard Antoine Hubert.

François Ingold est né à Nancy le 4 avril 1894. Son père Hubert né à Cernay en 1864, fit l’école forestière de Nancy et, tout naturellement, resta en France dans le massif des Vosges. Il y rencontra son épouse et le couple s’installa à Fraize en 1904. Deux garçons naquirent de cette union.  Inséparables, ils reçurent une éducation stricte, profitant de l’environnement et la forêt vosgienne fut leur terrain de jeux. Les deux frères, François et Maurice, firent leurs études au collège de Saint-Dié.  La guerre éclate en août 1914 et, comme dans beaucoup de familles c’est une suite de bouleversements. La relation quasiment fusionnelle des deux frères a des conséquences sur leur engagement militaire. Ils feront tout pour rester ensemble ; ils suivent tous les deux le peloton des élèves caporaux et participent ensemble à la bataille d’Artois en 1915. Ils sont nommés sergents et partent au Sénégal pour assurer la formation et l’encadrement d’unités sénégalaises. La lecture du livre de François, écrit en 1958 « Le chemin » démontre que ce voyage détermina sa vocation pour le continent africain.  En juin 1916, François et Maurice quittent le Sénégal. Ils sont mutés dans l’armée d’Orient à Salonique. Après le stage à Saint-Cyr, promus aspirants, ils se retrouvent en juillet 1917 au Chemin des Dames. Au printemps 1918, au 7e Régiment d’Infanterie Coloniale, ils participent à la bataille de Reims. Ils sont blessés tous les deux.  François est gravement atteint ; une balle en pleine poitrine lui effleure la colonne vertébrale et traverse un poumon. À son chevet, une jeune infirmière lui souriait … François Ingold épouse en 1920 son infirmière, Marie Antoinette Didierjean, fille du Commandant Didierjean, qui fut tué le 14 août 1914 en entrant en Alsace. À la fin de la guerre, les deux frères se séparent. François continue sa carrière militaire, tandis que Maurice y renonce à la demande de sa belle-famille.  François se porte volontaire pour le Maroc en 1921. Il participe à la campagne du Rif avant de devenir officier de renseignement dans le Sud marocain. Revenu en France pour passer sa licence de droit, il retourne au Maroc en 1924 jusqu’en 1929. Il est muté à Aix-en-Provence au 22e Régiment d’Infanterie Coloniale comme Capitaine, puis à Madagascar de 1933 à 1935. Il est affecté, en 1935, à la section historique de l’Armée en France où il publie ses deux premiers ouvrages : « Au combat avec les Troupes coloniales » et « Les Troupes noires au combat », ainsi que de nombreux articles dans différentes revues militaires françaises. «En avril 1939 le Capitaine Ingold fut désigné pour l’Afrique équatoriale française. Il allait y trouver l’accomplissement de son destin. » (Gérard Ingold) Il rejoint Brazzaville en septembre 1939, puis Fort Archambault au Tchad en janvier 1940, en qualité de Commandant en second de la place puis Commandant du 5e Bataillon de réservistes africains du Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad (RTST). Il joue un rôle important dans le ralliement du Tchad à la France libre, prenant au nom du Général de Gaulle, le commandement de la place de Fort-Archambault, plus importante garnison en effectif de l'AEF. Pour cette action, François Ingold est condamné à mort par contumace par le gouvernement de Vichy. La biographie de Gérard Ingold continue à évoquer la carrière africaine puis le retour en France, les engagements pour la Chancellerie de l’Ordre des Compagnons de la Libération, le Haut Tribunal Militaire et la fin de la carrière militaire de François Ingold comme Général de Division.  Après cette vie exemplaire parmi ses soldats, puis au sein de sa famille, François Joseph Jean Ingold s’éteint le 19 décembre 1980 à Paris.

Il existe à Cernay une rue Ingold, entre la rue du Maréchal Foch et la rue des Moulins.

Les trois tombes Ingold.

Les trois tombes Ingold.

La tombe du général François Ingold.

La tombe du général François Ingold.

2        SORDI René, 1920-1994, n° d’emplacement A2-024 ; enterré avec notamment Sordi Pilade (1891-1968).

Cette tombe familiale ne fait pas partie de l’inventaire des ‘‘tombes remarquables’’ : on s’y arrêtera néanmoins, pour honorer la mémoire du père de l’actuel maire de la ville Michel Sordi, et de son grand-père. Tous deux ont œuvré au développement de Cernay, aux 19ème et 20ème siècles.

La tombe familiale Sordi.

La tombe familiale Sordi.

3        ZURCHER : Alignement remarquable de 5 tombes Zurcher, inscrit à l'inventaire général du patrimoine culturel du Haut-Rhin, n° d’emplacement A2-026.

Sépulture de droite : Jean-Jacques Charles Zurcher, manufacturier, fils de Jean-Jacques Zurcher fils, né le 22 juillet 1808 à Paris et décédé le 14 février 1879 à Cernay. À ses côtés Amélie Baudry son épouse.

Sépulture de gauche : Jean-Jacques Zurcher fils de Jean-Jacques Zurcher père, né le 26 juillet 1782 à Mulhouse  décédé le 5 juin 1850 à Cernay. À ses côtés son épouse Marie-Eve Françoise de Gohr. C’est aussi le père de Marie-Amélie Zurcher, enterrée dans une autre tombe du cimetière de Cernay (voir 12)

Les cinq tombes Zurcher.

Les cinq tombes Zurcher.

4        ECK Daniel, 1819-1886, n° d’emplacement B3-199 ; alignement remarquable de 4 stèles, la sépulture de Daniel Eck étant la dernière à droite.

Daniel Eck né le 20 septembre 1819 à Cernay et décédé le 7 août 1886 à Mulhouse. Fondateur en 1841 des établissements Daniel Eck et Cie à Cernay. Associé à Jean-Bernard Schwartz. Chimiste de l'entreprise. Inventeur d'une machine à imprimer plusieurs couleurs.

Il y a une courte rue sans issue Daniel Eck à Cernay, au départ de la rue Carrère. Par ailleurs, le complexe sportif au bout de la rue René Guibert (stades de foot et d’athlétisme, piste de skate-board) s’appelle le Complexe Sportif Daniel Eck.

Les quatre stèles Eck.

Les quatre stèles Eck.

Celle de Daniel Eck.

Celle de Daniel Eck.

5        Ossuaire : situé dans le virage de l’allée A2, avant le mur qui limite le cimetière israélite, il ne fait à présent l’objet d’aucune indication. Il contient entre autres les restes d’une personnalité illustre : de SANDOZ Henry (ou Henri), 1777-1859.

Henry de Sandoz (1777-1859), grand nom de l'histoire du textile cernéen, fut aussi grand bienfaiteur et fondateur de l'hospice de Cernay, un hôpital de trois étages (dont la chapelle a été placée sous la protection de Saint-Henri, en remerciement à Henri Sandoz). C'est précisément son caveau qui fit, par la suite, fonction d'ossuaire.

L'ossuaire, en usage jusqu'en 1976, a recueilli, année après année, les restes des défunts dont la concession est venue à échéance.

La rue Sandoz mène au Pôle de La Cartisane (filature de coton Sandoz Baudry et Cie, puis filature de coton Nouvelles Filatures de coton de Cernay puis filature de coton Cernay SA), au Jardin du Piémont, aux jardins familiaux et à un stade.

→ Juste à côté se trouve le banc reposoir de la famille Heuchel. L’historien Joseph Depierre en parlait ainsi dans son livre de 1907 : ‘‘La tombe de la famille Heuchel est une des plus intéressantes du cimetière. Un ange aux ailes déployées, placé sur un portique, désigne de l’index le ciel ; au-dessous sur le frontispice, est la simple inscription : Transite – ils ont passé’’.

La famille Heuchel a compté parmi ses membres un quasi centenaire, Remy Heuchel, qui fut magistrat en 1789 et père de Jean Paul Toussaint Heuchel (1799-1851), médecin et agriculteur, député du Haut-Rhin à l’Assemblée constituante en 1848.

Aujourd’hui, seule la partie sommitale de son monument funéraire subsiste près de l’ossuaire. L’ange, dont le visage est de très belle facture, a malheureusement perdu ses ailes. Mais on peut encore lire les dernières lettres de ‘‘TRANSITE’’ sur le frontispice, invitation aux âmes défuntes de prendre le chemin du ciel. Il s’agit probablement du plus ancien monument funéraire du cimetière inauguré en 1833.

Pour être mis en valeur, ce monument devait être placé en élévation sur un portique dont nous ignorons quels en furent le style et la forme.

Pour recevoir le frontispice avec l’ange Heuchel, la commune a fait construire en 2019 un banc-reposoir en grès rose de style d’époque début XIXème siècle. Il se trouve juste à côté de l’ossuaire ancien en usage jusqu’en 1976.

Un banc-reposoir d'Alsace est une sorte de banc public construit en Alsace au XIXème siècle. Les jours de marché ou de foire, paysans et surtout paysannes se rendaient dans les villes ou gros bourgs où se tenait un marché. Lourdement chargés, ils y amenaient les produits de la ferme. Les paysannes portaient un panier sur leur tête protégée par un coussinet (der Wisch) rempli de son et de balles de blé. Les paysans, quant à eux, charriaient leurs produits dans une hotte accrochée au dos par deux lanières de cuir. Lors des haltes, les paysannes pouvaient déposer leurs fardeaux sur le linteau puis se reposer sur le banc de la dalle inférieure, à l'ombre généralement de quatre tilleuls. De part et d'autre étaient dressées deux bornes qui permettaient aux hommes d'y déposer leurs hottes ou encore aux cavaliers de se remettre en selle.

Il existe en Alsace deux sortes de bancs reposoirs :

  • ceux du Roi de Rome (dits aussi Bancs Marie-Louise) datés de 1811 ;
  • ceux de l'Impératrice Eugénie datés de 1854.

Le banc-reposoir de Cernay est directement inspiré de celui de Cleebourg datant de 1811.

L’ossuaire du cimetière de Cernay.

L’ossuaire du cimetière de Cernay.

Le banc reposoir, et le détail de l’ange Heuchel.
Le banc reposoir, et le détail de l’ange Heuchel.

Le banc reposoir, et le détail de l’ange Heuchel.

Derrière le mur, le cimetière israélite, ou ce qu’il en reste.

Derrière le mur, le cimetière israélite, ou ce qu’il en reste.

6        CARRÈRE Jean-Paul, 1878-1933, n° d’emplacement A2-053 ; alignement remarquable de 4 tombes Carrère, Charpentier, Plantey, celle de Jean-Paul Carrère étant la première à gauche.

Jean Ulysse Paul (qu’on appelle plus simplement Jean-Paul) Carrère né le 15 septembre 1878 à Bordeaux et décède à Paris le 27 mars 1933. Il vient s’installer à Cernay en 1924. Sa veuve, Suzanne Charpentier, professeur dans différents lycées parisiens, regagne à son tour Cernay en juillet 1939. Elle s’éteindra en septembre 1966. Elle est inhumée dans la tombe familiale du cimetière urbain aux côtés de son époux qui avait choisi cette épitaphe : ‘‘La droiture et l’union sont une belle proue au-dessus du silence’’

Jean-Paul Carrère fut artiste-peintre : on trouvera une très intéressante section qui lui est consacrée, sur le site internet du musée de Cernay, lien http://www.musee-cernay.org/#section-peintre-carrere

Une rue de Cernay est baptisée rue Jean-Paul Carrère, entre le faubourg de Colmar et la rue des Fabriques. Citons naturellement aussi la ‘‘villa Carrère’’, au croisement des rues de Thann et Latouche : elle a été construite sous la direction de l’artiste-peintre Jean-Paul Carrère, qui a poussé l’humour jusqu’à laisser sa signature sous la forme d’un blason ‘‘Villa Jeannot Lapin’’ ! Cette villa faisait partie, avec tout le pâté de maisons, de l’hôtel particulier du seigneur Henri de Latouche (1747-1828), elle héberge aujourd’hui bureau cernéen de l’Office de Tourisme Thann-Cernay.

Les quatre tombes Carrère.

Les quatre tombes Carrère.

La tombe de Jean-Paul Carrère : l’inscription est assez difficile à lire.

La tombe de Jean-Paul Carrère : l’inscription est assez difficile à lire.

7        THIERRY-MIEG Henri, 1864-1930, n° d’emplacement E2a-080.

Henri Émile Thierry-Mieg est né le 28 juillet 1864 à Mulhouse, décédé le 5 décembre 1930 à Strasbourg. Directeur de la filature de laine peignée de Cernay. Il occupa la villa d'industriel au 35 rue des Fabriques.

Il a une résidence de personnes âgées à son nom à Cernay, au 6 rue du Rossberg ; il existe une rue Thierry-Mieg à Belfort. À Thann et Mulhouse, on trouve aussi du Thierry-Mieg, mais il s’agit de Bernard.

La tombe d’Henri Thierry-Mieg.

La tombe d’Henri Thierry-Mieg.

Même de tout près, l’inscription est quasi illisible.

Même de tout près, l’inscription est quasi illisible.

8        RISLER Georges, 1818-1911, n° d’emplacement E2b-104 ; alignement de 3 tombes Preiss-Risler.

Georges Alphonse Risler est né le 28 janvier 1818 à Cernay, décédé le 15 avril 1911 à Cernay, une ville dont il fut le 26ème et 29ème maire. Il fut d’abord adjoint de 1855 à 1860, puis maire de Cernay de 1860 à 1870 et conseiller d‘arrondissement. Refusant de se représenter après l’annexion de 1871, une pétition publique l'incite à reprendre la mairie, ce qu’il fit de 1885 à 1905.

La commune de Cernay lui doit la construction de plusieurs édifices publics : écoles, église catholique Saint-Etienne (1891), abattoirs (1902, ils étaient alors rue de Wittelsheim, le local étant repris ensuite par le judo-club), tribunal cantonal (1904), temple protestant réformé avec foyer et presbytère (1905). Les établissements Risler (devenus Sofratube), étaient implantés au lieu-dit ‘‘Le Moulin’’ sur le Canal Usinier [creusé au début du 16ème siècle entre Vieux-Thann en amont où il reçoit l‘eau de la Thur, et le ban d’Uffholtz en aval. Des chutes actionnaient une douzaine de moulins à grain ou à papier qui laisseront la place à des industries textiles et de mécanique].

Il y a une importante rue à son nom à Cernay, avec le groupe scolaire Les Tilleuls, l’hôpital gériatrique, le centre culturel Espace Grün et un supermarché.

La tombe de Georges Risler.

La tombe de Georges Risler.

Détail de l’inscription.

Détail de l’inscription.

9        BARBIER James, 1842-1912, n° d’emplacement D2a-089 ; alignement de 5 tombes blanches, celle de James Barbier étant au milieu.

James Barbier est né à Cernay le 19 mai 1842, décédé le 30 juillet 1912 à Cernay. Diplômé des Arts et Métiers (Châlons, promotion 1858), James Barbier, après avoir travaillé dans différentes filatures de coton entre 1861 et 1871, devient fabricant de tubes en papier pour filatures. Il dépose plusieurs brevets d’invention, notamment la machine à fuseaux à tubes traversant, la machine à faire les tubes continus équilibrés et bien d’autres. Il est également associé des Maison Schaffhauser à Cernay, Gunther à Fontaine-les-Luxeuil, et Taepffer à Lodz (Pologne).

Il a une rue importante à son nom à Cernay, avec l’Hôtel de Ville et la Médiathèque.

L’alignement des 5 tombes Barbier.

L’alignement des 5 tombes Barbier.

La tombe de James Barbier et de son épouse Léonie.

La tombe de James Barbier et de son épouse Léonie.

10      TSCHIRHART Camille (curé), 1865-1949, emplacement crucifix.

Camille Tschirhart né le 8.11.1865 et décédé le  2 mai 1949. Chanoine honoraire de Strasbourg et de Smyrne, curé de 1919 à 1948, il a fait reconstruire l'église de Cernay de 1919 à 1924. C'est lui qui fut à l'initiative de la commande des peintures monumentales ornant la nef de l'église, représentant le Credo, chef d'œuvre de René Kuder.

Le crucifix, au centre du cimetière.

Le crucifix, au centre du cimetière.

La tombe du prêtre Camille Tschirhart.

La tombe du prêtre Camille Tschirhart.

11      BAUDRY Ferdinand Charles, 1829-1883, n° d’emplacement C1a-130

Henri de Sandoz et Pierre-Amand Baudry (le père de Ferdinand Charles) étaient venus s’installer à Cernay en 1806 et fondèrent la filature Baudry et Cie en 1818.

Ferdinand Charles Baudry né le 1er octobre 1829, décédé le 21 février 1883, fut le 28ème maire de Cernay de 1871 à 1883.

Epitaphe sur sa tombe : ‘‘Ici repose en Dieu Charles Baudry, membre de la délégation d’Alsace-Lorraine et Maire de Cernay, décédé le 21 février 1883 à l’âge de 54 ans. Anna Baudry, née de Müllenheim – Reschberg 1830-1906. In memoriam.

Il y a une rue Charles Baudry à Cernay, entre le faubourg des Vosges et la rue Sandoz.

Les tombes Baudry.

Les tombes Baudry.

Celle de Charles Baudry.

Celle de Charles Baudry.

12      ZURCHER Louise, Marie, Amélie, 1858 (ou 1860)-1947, n° d’emplacement B1-010.

Amélie Zurcher est née le 27 août 1858 à Bollwiller. Elle fréquente l’école du village jusqu’à l’annexion de 1871, puis est interne dans un pensionnat tenu par des dominicaines à Nancy, où elle obtient son baccalauréat. Elle revient en Alsace en 1877 et, à la mort de son père, propriétaire d’une filature, s’occupe de son frère Albert, blessé pendant la guerre de 1870.

Elle s’installe avec lui dans sa propriété du Lutzelhof. En 1893, après une terrible sécheresse et consciente de la faible productivité de ses terres, elle décide d’en explorer le sous-sol. A l’origine de cette décision, un rêve prémonitoire : ‘‘Une nuit je me réveillai avec la certitude que quelque chose était caché sous nos terres qui devait m’assurer la fortune que la pauvreté du sol me refusait’’. Il lui faudra plusieurs années pour mener son projet à bien.

Sa rencontre avec Joseph Vogt va être déterminante. Celui-ci dirige quatre usines (fonderies de fonte à Soultz, Mulhouse et Masevaux, de cuivre à Niederbrück) et avait fondé la société de sondage “Gute Hoffnung“ (Bonne Espérance), spécialisée dans la fabrication de tours de forage à grande profondeur afin de trouver des minéraux pour alimenter ses usines. Avec Jean-Baptiste Grisez, radiesthésiste spécialisé dans la recherche de filons métallifères, ils créent alors la “Société en participation pour la recherche de la houille en Alsace“. Mais ce n’est pas de la houille qu’ils vont trouver.

C’est le 11 juin 1904 qu’un forage donne un résultat inattendu : un laboratoire strasbourgeois constate que les échantillons prélevés sont “constitués par quelques impuretés (argiles, calcaires dolomitiques et schistes) mêlés à du chlorure de sodium et du chlorure de potassium“. Encouragés par ce premier résultat, ils poursuivent leur forage jusqu’à atteindre, le 31 octobre 1904 et à une profondeur 1119 mètres, le filon qui allait être le point de départ de l’exploitation de la potasse en Alsace.

La société minière Amélie est créée le 13 juin 1906 et, après de nombreux sondages, le premier puits est foncé le 22 avril 1908. Deux ans plus tard, l’exploitation industrielle de la mine de potasse débute. En 1911, la société Amélie est contrainte de céder ses concessions  aux Deutsche Kaliwerke.

Durant guerre 14-18, la ferme du Lützelhof est transformée en hôpital avant d’être totalement détruite.

En 1918, l’Alsace redevient française et les puits sont confisqués par l’Etat avant d’être nationalisés en 1924. Amélie Zurcher est indemnisée et l’exploitation est désormais assurée par les MDPA (Mines Domaniales de Potasse d’Alsace).

Amélie Zurcher meurt à Cernay, le 8 juin 1947.

Il y a une rue Amélie Zurcher à Cernay, dans le quartier des Mines naturellement ; le grand lycée polyvalent de Wittelsheim porte son nom.  

L’emplacement des Zurcher.

L’emplacement des Zurcher.

Le détail de la tombe d’Amélie, née en 1860 ou en 1858…

Le détail de la tombe d’Amélie, née en 1860 ou en 1858…

Textes : service Cimetière de la ville de Cernay, et quelques rajouts personnels.

Photos : Pierre Brunner, avril 2020 (Courriel personnel brunner.pierala@orange.fr).

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