La commune de Geishouse nous offre un abri vraiment unique dans la région : unique par sa situation, sur un replat au milieu de la barre rocheuse de l’Abrutschfels, et unique par sa taille, presque hors norme. Partons à la découverte de ce refuge, situé dans le massif du Grand Ballon, presque à mi-chemin entre Geishouse et le col du Haag.
Le nom Geishouse est probablement dérivé du dialecte alsacien Geiss = chèvre et de Husen = habitations (source : Wikipédia). Et c’est naturellement un bouc bondissant qu’on trouve sur les armoiries du village, ainsi que sur les panneaux qui repèrent les trois circuits pédestres de découverte des lieux (1). En 2013, le village comptait 470 habitants (il y en avait plus de 900 en 1846), et d’après nos renseignements, le maire de la commune Gilles Steger pourrait être le véritable initiateur des Journées Citoyennes, qui fleurissent maintenant dans de nombreuses communes du Haut-Rhin, et même bien au-delà.
Mais occupons-nous de l’abri : il porte le nom d’un oiseau diurne (voir le commentaire ci-dessous), qui est l'un des rapaces les plus communs de France avec la buse variable et le milan noir. « L'abri du Faucon, construit en 1974, est très bien entretenu, propre, spacieux, lumineux », écrit ce confrère sur son blog http://mes-photos-57400.over-blog.com/ Voilà pour les présentations !
SITUATION :
L’abri a été construit au lieu-dit « Abrutschfels », altitude 1 010 m. Le site Internet de Geishouse précise que, depuis cette plate-forme, on jouit d’une des plus belles vues de la région, et c’est vrai ! Mais sur les rochers eux-mêmes (Fels), je n’ai trouvé aucun détail, si ce n’est que la carte IGN en mentionne toute une série au sud du Grand Ballon (Sattelfels, Rennenbachfels, Gaerberhuttfels, Bessayfels, Rondjeanfels, Flafels, Brandenfels, et naturellement Abrutschfels), ce qui ne nous avance guère...
Si on trace une ligne droite entre Geishouse et le col du Haag, il faut parcourir, pour arriver jusqu’à l’abri, 1/3 de la distance si on monte depuis le village, et donc 2/3 en descendant du col. Dans la réalité, on monte au Faucon Crécerelle en une bonne heure.
ACCÈS :
Nous ne parlerons ni de la solution de facilité apportée par la petite route de montagne, ni de la descente depuis le Haag : nous monterons à pied depuis Geishouse. Plusieurs parkings existent dans ce village : un en contrebas de l’église, un tout en haut au niveau de la salle polyvalente, ainsi que le « parking des randonneurs » au départ du parcours Vita et la place Fernand Zumbiehl, ou Zumbihl (2). Pour démarrer la marche, il faut d’abord repérer le « triangle bleu », et ce n’est pas difficile, car on le trouvera partout dans le village ; après, il suffit de monter !
Je suis parti par le Chemin des Chamois, alt 700 m environ : ça monte, on traverse une rue, une autre encore, et voici le chemin d’Erlen, le fléchage du Club Vosgien de St-Amarin est parfait. On sort du village par un large chemin, et déjà la vue sur le village est superbe. Voici l’abri des chasseurs (c’est dimanche et 2 Porsche Cayenne et 2 Range Rover, entre autres, sont garées là) ; plus haut, on arrive à une ferme où la vie est sans doute plus simple. Nous sommes au sentier Abbé Fernand Zumbiehl, et cette portion porte aussi le nom de « Kapitànstressla » (petite rue du capitaine), pour une raison que j’ignore, mais qu’on retrouve jusque sur le GR 5 !
Ce sentier de toute beauté traverse une pâture, arrive sur un chemin, et 50 m après on est au lieu-dit Birbon, alt 822 m : ici, la commune met à disposition des randonneurs un étrange barbecue, sans grille, mais avec des portions de souche disposées tout autour en guise de sièges, c’est juste génial !
Le sentier reprend, et à hauteur d’un ancien réservoir d’eau on arrive à la petite route goudronnée, qu’on traverse et le sentier continue plus haut. On se rapproche encore de la route après une barrière (un sentier montant de Moosch nous rejoint) ; un escalier nous élève de ses quelques marches, et on longe l’asphalte un moment, alors que le refuge Faucon Crécerelle est clairement indiqué pour la première fois.
Au carrefour suivant, alors que le sommet du Grand Ballon est droit devant nous, nous quittons l’itinéraire « triangle bleu » pour partir sur la gauche, en direction de l’abri.
On continue ensuite sur un chemin qui part vers la droite, et qui est à la fois un circuit pédestre communal (le bouc rouge) et notre itinéraire (le triangle bleu).
Rapidement, on bifurque sur la gauche, et on voit déjà les premiers rochers de l’Abrutschfels, et le toit de notre abri, alors qu’on marche depuis juste une heure.
À L’EXTÉRIEUR :
L’abri est immense ! Il est fait de demi-rondins de bois, l’ensemble est d’une couleur sombre, presque noire, la porte d’entrée étant sur un des côtés.
On remarque de suite l’imposant barbecue, couvert (ce qui est rare !), les tas de bois tout aussi imposants (un appentis offre une réserve supplémentaire), et deux grandes tables rustiques avec de très nombreux bancs, sans oublier le tronc accolé à la façade sud, qui garantit repos et bronzette durant tout l'été !
À L’INTÉRIEUR :
Quelle surprise : c’est immense ! Les 5 tables permettent d’accueillir au moins 30 personnes. L’une d’elle est un peu à l’écart, sur une estrade, et il y a un réduit faisant office de vestiaire. Un grand poêle à bois assure en hiver une douce chaleur, d’autant que le plafond est bas (c’est rare et bien pensé), et l’isolation, porte et fenêtres, est très bonne. Les fenêtres ? Deux sont plein sud, une autre donne au nord. L’abri est donc lumineux, et très propre (un balai est à disposition pour nettoyer le sol). Le règlement est affiché en plusieurs endroits, on trouve de nombreuses étagères, et le livre d’or est riche d’enseignements, compliments, satisfactions, remerciements, etc…
Extraits du règlement : « Ce chalet est à disposition des randonneurs, il est entretenu par des bénévoles, avec la participation de la commune de Geishouse, qui en est le propriétaire. Le nombre de places intérieures est de 34 et aucune réservation n’est autorisée (…). Chacun aura à cœur d’emmener ses déchets à l’extérieur comme à l’intérieur (…) Vous aimez ce chalet, vous avez ‘’l’esprit randonneur’’, merci de respecter ces règles pour que le plaisir de passer en ces lieux soit une réalité pour tous ».
DES PRÉCISIONS :
Précisions de la mairie, février 2014 : « L'abri est avant tout un point de chute pour les randonneurs. Il n'est pas gardé et ouvert toute l'année. Jean-Claude, habitant de Geishouse, assure des visites très régulières pour parer aux dégradations. Avec son équipe de randonneurs du village, il assure l'entretien du refuge et des environs. L'équipe de bénévoles s'occupe également de la fourniture du bois pour le poêle et le barbecue. Aucun couchage n'est prévu, il est strictement interdit d'y passer la nuit sous peine d'amende (3). Il est précisé que cette interdiction est essentiellement dictée par des raisons de sécurité (Incendie, intoxication au monoxyde de carbone) et d'hygiène (ni eau ni toilettes). Bravo aux bénévoles et merci de respecter les consignes ».
Précisions en ce qui concerne la sécurité : les rochers sont dangereux (des parties peuvent se détacher) et glissants, il ne faut donc pas essayer de les escalader (4) ! Surtout : les jeunes enfants ne doivent pas être laissés seuls dans le secteur, car il y a de très nombreux terriers, certains situés sous des rochers et assez grands pour qu’un petit enfant glisse dedans, et ne puisse ni remonter, ni appeler au secours !
Précision sur le nom de l'abri : à l'origine le chalet était fermé et appartenait à l'association "Faucon Crécerelle", d'où son nom actuel (voir le commentaire tout en bas de l’article). Un follower de ma page Facebook LTD RANDO 68 m'a précisé depuis que, au départ, ‘‘ce chalet appartenait à la SMH (Société Mécanique Haguenau), dont le directeur était Edmond Saas : à cette époque, le personnel de l'usine ainsi que les familles y avaient l'accès gratuit ’’, ce qui était le cas de notre informateur.
CONCLUSION :
Cet abri très grand bénéficie d’une situation privilégiée, avec un panorama unique. Il offre un grand confort avec de nombreuses possibilités, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur ; il est facilement accessible (environ 310 m de dénivelé positif). La commune de Geishouse met à notre disposition un vrai trésor, que les randonneurs (et les autres) auront à cœur de respecter, et de faire respecter !
Textes et photos : Pierre Brunner, novembre 2016 (sauf la photo du faucon crécerelle).
LA CARTE D’ACCÈS :
Notes :