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LTD RANDO 68
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L’ABRI FAUCON CRÉCERELLE

L’ABRI FAUCON CRÉCERELLE

La commune de Geishouse nous offre un abri vraiment unique dans la région : unique par sa situation, sur un replat au milieu de la barre rocheuse de l’Abrutschfels, et unique par sa taille, presque hors norme. Partons à la découverte de ce refuge, situé dans le massif du Grand Ballon, presque à mi-chemin entre Geishouse et le col du Haag.

L’abri Faucon Crécerelle, au-dessus de Geishouse.

L’abri Faucon Crécerelle, au-dessus de Geishouse.

Le nom Geishouse est probablement dérivé du dialecte alsacien Geiss = chèvre et de Husen = habitations (source : Wikipédia). Et c’est naturellement un bouc bondissant qu’on trouve sur les armoiries du village, ainsi que sur les panneaux qui repèrent les trois circuits pédestres de découverte des lieux (1). En 2013, le village comptait 470 habitants (il y en avait plus de 900 en 1846), et d’après nos renseignements, le maire de la commune Gilles Steger pourrait être le véritable initiateur des Journées Citoyennes, qui fleurissent maintenant dans de nombreuses communes du Haut-Rhin, et même bien au-delà.

Mais occupons-nous de l’abri : il porte le nom d’un oiseau diurne (voir le commentaire ci-dessous), qui est l'un des rapaces les plus communs de France avec la buse variable et le milan noir. « L'abri du Faucon, construit en 1974, est très bien entretenu, propre, spacieux, lumineux », écrit ce confrère sur son blog http://mes-photos-57400.over-blog.com/ Voilà pour les présentations !

SITUATION :

L’abri a été construit au lieu-dit « Abrutschfels », altitude 1 010 m. Le site Internet de Geishouse précise que, depuis cette plate-forme, on jouit d’une des plus belles vues de la région, et c’est vrai ! Mais sur les rochers eux-mêmes (Fels), je n’ai trouvé aucun détail, si ce n’est que la carte IGN en mentionne toute une série au sud du Grand Ballon (Sattelfels, Rennenbachfels, Gaerberhuttfels, Bessayfels, Rondjeanfels, Flafels, Brandenfels, et naturellement Abrutschfels), ce qui ne nous avance guère... 

Depuis la plate-forme, la vue vers Geishouse…

Depuis la plate-forme, la vue vers Geishouse…

… et sur les rochers Abrutschfels.

… et sur les rochers Abrutschfels.

Si on trace une ligne droite entre Geishouse et le col du Haag, il faut parcourir, pour arriver jusqu’à l’abri, 1/3 de la distance si on monte depuis le village, et donc 2/3 en descendant du col. Dans la réalité, on monte au Faucon Crécerelle en une bonne heure.

ACCÈS :

Nous ne parlerons ni de la solution de facilité apportée par la petite route de montagne, ni de la descente depuis le Haag : nous monterons à pied depuis Geishouse. Plusieurs parkings existent dans ce village : un en contrebas de l’église, un tout en haut au niveau de la salle polyvalente, ainsi que le « parking des randonneurs » au départ du parcours Vita et la place Fernand Zumbiehl, ou Zumbihl (2). Pour démarrer la marche, il faut d’abord repérer le « triangle bleu », et ce n’est pas difficile, car on le trouvera partout dans le village ; après, il suffit de monter !

Le « triangle bleu » sera notre guide pendant toute la montée.

Le « triangle bleu » sera notre guide pendant toute la montée.

Je suis parti par le Chemin des Chamois, alt 700 m environ : ça monte, on traverse une rue, une autre encore, et voici le chemin d’Erlen, le fléchage du Club Vosgien de St-Amarin est parfait. On sort du village par un large chemin, et déjà la vue sur le village est superbe. Voici l’abri des chasseurs (c’est dimanche et  2 Porsche Cayenne et 2 Range Rover, entre autres, sont garées là) ; plus haut, on arrive à une ferme où la vie est sans doute plus simple. Nous sommes au sentier Abbé Fernand Zumbiehl, et cette portion porte aussi le nom de « Kapitànstressla » (petite rue du capitaine), pour une raison que j’ignore, mais qu’on retrouve jusque sur le GR 5 !

Cette fois, nous sommes en pleine nature ! (Photo P.BR.11/2016)

Cette fois, nous sommes en pleine nature ! (Photo P.BR.11/2016)

Ce sentier de toute beauté traverse une pâture, arrive sur un chemin, et 50 m après on est au lieu-dit Birbon, alt 822 m : ici, la commune met à disposition des randonneurs un étrange barbecue, sans grille, mais avec des portions de souche disposées tout autour en guise de sièges, c’est juste génial !

L’étrange barbecue communal au Birbon.

L’étrange barbecue communal au Birbon.

Le sentier reprend, et à hauteur d’un ancien réservoir d’eau on arrive à la petite route goudronnée, qu’on traverse et le sentier continue plus haut. On se rapproche encore de la route après une barrière (un sentier montant de Moosch nous rejoint) ; un escalier nous élève de ses quelques marches, et on longe l’asphalte un moment, alors que le refuge Faucon Crécerelle est clairement indiqué pour la première fois.

Un panneau très explicite nous guide.

Un panneau très explicite nous guide.

Au carrefour suivant, alors que le sommet du Grand Ballon est droit devant nous, nous quittons l’itinéraire « triangle bleu » pour partir sur la gauche, en direction de l’abri.

Pour nous, ce sera sur la gauche !

Pour nous, ce sera sur la gauche !

On continue ensuite sur un chemin qui part vers la droite, et qui est à la fois un circuit pédestre communal (le bouc rouge) et notre itinéraire (le triangle bleu).

Nous sommes sur le bon itinéraire.

Nous sommes sur le bon itinéraire.

Rapidement, on bifurque sur la gauche, et on voit déjà les premiers rochers de l’Abrutschfels, et le toit de notre abri, alors qu’on marche depuis juste une heure.

À L’EXTÉRIEUR :

L’abri est immense ! Il est fait de demi-rondins de bois, l’ensemble est d’une couleur sombre, presque noire, la porte d’entrée étant sur un des côtés. 

L’abri Faucon Crécerelle, du côté de la porte d’entrée.

L’abri Faucon Crécerelle, du côté de la porte d’entrée.

On remarque de suite l’imposant barbecue, couvert (ce qui est rare !), les tas de bois tout aussi imposants (un appentis offre une réserve supplémentaire), et deux grandes tables rustiques avec de très nombreux bancs, sans oublier le tronc accolé à la façade sud, qui garantit repos et bronzette durant tout l'été ! 

Une des tables extérieures, dominant le village…

Une des tables extérieures, dominant le village…

… le barbecue couvert, et les tas de bois…

… le barbecue couvert, et les tas de bois…

… et la carte d’identité du refuge.

… et la carte d’identité du refuge.

À L’INTÉRIEUR :

Quelle surprise : c’est immense ! Les 5 tables permettent d’accueillir au moins 30 personnes. L’une d’elle est un peu à l’écart, sur une estrade, et il y a un réduit faisant office de vestiaire. Un grand poêle à bois assure en hiver une douce chaleur, d’autant que le plafond est bas (c’est rare et bien pensé), et l’isolation, porte et fenêtres, est très bonne. Les fenêtres ? Deux sont plein sud, une autre donne au nord. L’abri est donc lumineux, et très propre (un balai est à disposition pour nettoyer le sol). Le règlement est affiché en plusieurs endroits, on trouve de nombreuses étagères, et le livre d’or est riche d’enseignements, compliments, satisfactions, remerciements, etc…

Extraits du règlement : « Ce chalet est à disposition des randonneurs, il est entretenu par des bénévoles, avec la participation de la commune de Geishouse, qui en est le propriétaire. Le nombre de places intérieures est de 34 et aucune réservation n’est autorisée (…). Chacun aura à cœur d’emmener ses déchets à l’extérieur comme à l’intérieur (…) Vous aimez ce chalet, vous avez ‘’l’esprit randonneur’’, merci de respecter ces règles pour que le plaisir de passer en ces lieux soit une réalité pour tous ».  

Une partie des grandes tables : à votre santé, amis randonneurs !

Une partie des grandes tables : à votre santé, amis randonneurs !

Le poêle, qui assure le chauffage du refuge en hiver…

Le poêle, qui assure le chauffage du refuge en hiver…

… et les deux plus récentes pages du livre d’or.

… et les deux plus récentes pages du livre d’or.

DES PRÉCISIONS :

Précisions de la mairie, février 2014 : « L'abri est avant tout un point de chute pour les randonneurs. Il n'est pas gardé et ouvert toute l'année. Jean-Claude, habitant de Geishouse, assure des visites très régulières pour parer aux dégradations. Avec son équipe de randonneurs du village, il assure l'entretien du refuge et des environs. L'équipe de bénévoles s'occupe également de la fourniture du bois pour le poêle et le barbecue. Aucun couchage n'est prévu, il est strictement interdit d'y passer la nuit sous peine d'amende (3). Il est précisé que cette interdiction est essentiellement dictée par des raisons de sécurité (Incendie, intoxication au monoxyde de carbone) et d'hygiène (ni eau ni toilettes). Bravo aux bénévoles  et merci de respecter les consignes ».

Précisions en ce qui concerne la sécurité : les rochers sont dangereux (des parties peuvent se détacher) et glissants, il ne faut donc pas essayer de les escalader (4) ! Surtout : les jeunes enfants ne doivent pas être laissés seuls dans le secteur, car il y a de très nombreux terriers, certains situés sous des rochers et assez grands pour qu’un petit enfant glisse dedans, et ne puisse ni remonter, ni appeler au secours ! 

Précision sur le nom de l'abrià l'origine le chalet était fermé et appartenait à l'association "Faucon Crécerelle", d'où son nom actuel (voir le commentaire tout en bas de l’article). Un follower de ma page Facebook LTD RANDO 68 m'a précisé depuis que, au départ, ‘‘ce chalet appartenait à la SMH (Société Mécanique Haguenau), dont le directeur était Edmond Saas : à cette époque, le personnel de l'usine ainsi que les familles y avaient l'accès gratuit ’’, ce qui était le cas de notre informateur.  

Un des rochers, en contrebas de l’abri…

Un des rochers, en contrebas de l’abri…

… et une des entrées de terriers, celle-là horizontale.

… et une des entrées de terriers, celle-là horizontale.

CONCLUSION :

Cet abri très grand bénéficie d’une situation privilégiée, avec un panorama unique. Il offre un grand confort avec de nombreuses possibilités, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur ; il est facilement accessible (environ 310 m de dénivelé positif). La commune de Geishouse met à notre disposition un vrai trésor, que les randonneurs (et les autres) auront à cœur de respecter, et de faire respecter !  

Textes et photos : Pierre Brunner, novembre 2016 (sauf la photo du faucon crécerelle).

LA CARTE D’ACCÈS :

Carte de randonnée au 1:25 000  IGN CV 3619OT (Bussang La Bresse). AFC = abri faucon crécerelle.

Carte de randonnée au 1:25 000 IGN CV 3619OT (Bussang La Bresse). AFC = abri faucon crécerelle.

Notes :

  1. Voir le site de la commune http://www.geishouse.fr/decouvrir-geishouse/les-circuits-pedestres/
  2. « L’abbé Fernand Zumbihl était un grand homme, un rassembleur, un fédérateur, un homme d’action discret, amoureux de la nature, grand marcheur, qui avait une affection toute particulière pour les sommets et notamment le Grand Ballon, qu’il aimait contempler tous les jours. L’abbé avait notamment pris les rênes du Club Vosgien de la vallée de Saint-Amarin en 1963, qui n’était plus composé que de quelques membres, notamment un certain nombre de notables de la vallée. Sous l’impulsion de l’abbé Zumbihl, le Club Vosgien de la vallée de Saint-Amarin a pris un essor considérable : ont été balisés et débroussaillés plus de 400 km de sentiers, de nombreuses sorties, excursions et randonnées ont été organisées. En 1980, le Club Vosgien de Saint-Amarin se retrouvait en tête des associations du Club Vosgien avec plus de 1800 membres, grâce au dynamisme de l’abbé et de son comité. Il est resté Président jusqu’en 1990 et a vraiment su sensibiliser et mobiliser les habitants à la richesse du patrimoine local et des sites naturels remarquables de notre vallée. Ainsi, M. le Maire propose de dénommer les réalisations précitées : sentier abbé Fernand Zumbihl et parking abbé Fernand Zumbihl.» (Source : procès-verbal des délibérations du conseil municipal de Geishouse du 26 septembre 2012).
  3. Cette interdiction fait suite à des dégradations, causées il y a quelques années par des jeunes (du village ?) âgés de 13 à 16 ans, qui avaient pris l’habitude d’aller y passer le week-end ! Il y a toutefois une dérogation : un randonneur surpris par la neige, ou par la nuit (ou les deux), voire blessé ou en perdition, peut rester dormir sur place.
  4. Abrutschfels pourrait se traduire par : rochers qui dérapent, ou qui basculent. 
Un faucon crécerelle en vol géostationnaire. (Photo Yves Crozelon)

Un faucon crécerelle en vol géostationnaire. (Photo Yves Crozelon)