Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
LTD RANDO 68
LTD RANDO 68
Menu
REPARLONS DE L’AFFAIRE TROPPMANN…

REPARLONS DE L’AFFAIRE TROPPMANN…

L’affaire Troppmann, késako ?

La photo : la famille Kinck - dont le père, Jean, originaire de Guebwiller, sa femme et 3 de leurs 6 enfants - a été assassinée par Jean-Baptiste Troppmann en septembre 1869. (Document Remis)

REPARLONS DE L’AFFAIRE TROPPMANN…

Si vous suivez ce blog depuis le début, vous savez qu’il n’y a pas que des suggestions d’itinéraires de randonnées, mais aussi des idées de découvertes. C’est même comme ça qu’il a démarré, ce blog : je me suis attaqué au Herrenfluh, petite colline au-dessus d’Uffholtz (juste à côté de Cernay, 68), et j’ai traité le sujet en 3 parutions :

  1. LE HERRENFLUH 1/3 (paru le 27 Avril 2016, date officielle du démarrage du blog) : je parlais de la situation du site et de son l’accès, ainsi que de son château ruiné. Lien direct http://ltd-rando68.over-blog.com/2016/04/le-massif-du-herrenfluh-1-2.html
  2. LE HERRENFLUH 2/3 (paru aussi le 27 Avril 2016, j’avais tout préparé à l’avance, depuis plusieurs mois…) : je parlais de L’AFFAIRE TROPPMANN, nous y voilà. Lien direct http://ltd-rando68.over-blog.com/2016/04/le-massif-du-herrenfluh-2-2.html
  3. LE HERRENFLUH 3/3 (même date de parution 27 Avril 2016) : je parlais de la Première Guerre Mondiale et du poste d’observation que l’armée française avait installé au sommet de cette colline. Lien direct http://ltd-rando68.over-blog.com/2016/04/le-massif-du-herrenfluh-en-images.html   

Pourquoi un nouvel article sur cette affaire Troppmann ?

Parce qu’un article est paru aujourd’hui dans la PQR, presse quotidienne régionale, édition locale de Guebwiller, sous la plume de la journaliste Élise GUILLOTEAU, que je salue au passage, et qui fait état de nouvelles recherches. Je reproduis ici l’intégralité de cet article, et les photos qui l’accompagnent.

Temps de lecture 6 mn env ; merci à Mary Funyo (Cernay) de m’avoir transmis textes et photos en format numérique.

Hubert Martin, historien amateur, se penche depuis la rentrée sur la célèbre « ‘‘Affaire Troppmann’’ ou ‘‘les crimes de Pantin’’ dans laquelle un Cernéen – Jean-Baptiste Troppmann - a été guillotiné le 19 janvier 1870 pour avoir tué la famille Kinck, originaire du Florival. 

« J’ai toujours été intéressé par tout ce qui est enquête. Pour moi, l’histoire, la grande, est une succession de petites histoires qui, souvent, mettent en scène des gens ordinaires, dans un contexte extraordinaire. » L’affaire Troppmann ou les crimes de Pantin, comme titraient les journaux de l’époque, a de quoi nourrir les envies de recherche d’Hubert Martin, historien amateur installé à Linthal. « À l’école, on montre beaucoup le cadre mais peu les détails du tableau. Ce qui m’intéresse, ce sont les personnages, les actions, les décors… », assure cet instituteur retraité. Il s’est donc mis en quête.

L’histoire, dès le début, a été hyper médiatisée. Il faut dire que la découverte à Pantin, le 20 septembre 1869, de six cadavres - cinq enfants de 2 à 13 ans et une femme enceinte de six mois - a nourri le goût du sordide de lecteurs abreuvés de faits divers et d’images d’Épinal. « Le journalisme d’investigation criminelle venait de naître, mêlant, dans ses balbutiements et dans ses approximations, la narration romanesque aux rapports d’audience et la mise en scène aux chroniques juridiques », rappelle Hubert Martin.

Petit résumé de l’affaire

Le 20 septembre 1869, à Pantin, un cultivateur découvre un monticule de terre duquel émergent un mouchoir, des traînées de sang, des cheveux… puis le visage d’un enfant. Six cadavres sont exhumés : une femme, enceinte de six mois, et cinq enfants, massacrés à coups de couteau, de pelle et de pioche. Il s’agit de la couturière Hortense Kinck, née Roussel à Tourcoing, et de ses enfants âgés de 2 à 13 ans.

Hortense est l’épouse de Jean Kinck, natif de Guebwiller, devenu directeur d’ateliers mécaniques à Roubaix. Le couple a un fils aîné de 16 ans, Gustave. C’est sur eux deux, introuvables, que se porteront les premiers soupçons. Mais voilà qu’un jeune homme portant sur lui les papiers de Jean Kinck est repêché au Havre : Jean-Baptiste Troppmann, un Cernéen de 20 ans. Il connaît la famille Kinck et prétend avoir assisté au meurtre. Mais lorsque le corps de Gustave est découvert dans le même champ, il devient le principal suspect.

Le procès s’est tenu à la Cour d’assises de la Seine, du 28 au 30 décembre 1869. On apprend que Jean Kinck disposait de trois propriétés à Roubaix et d’un bien familial à Buhl auquel, selon plusieurs sources, « il voulait ajouter un étage avant de le louer ». Mais la nature de ce bien reste encore imprécise. Au cours de l’audience, des témoins évoqueront à plusieurs reprises sa volonté de revenir s’installer à Buhl et même d’y construire une fonderie alimentée par la force motrice de la Lauch.

La photo : les journalistes ont comparé les mains de Jean-Baptiste Troppmann à des affreuses pinces ! (Photo Jules Verrier-1869)

REPARLONS DE L’AFFAIRE TROPPMANN…

Éliminés les uns après les autres

Les faits ? Jean Kinck a quitté Roubaix en train et est aperçu le 25 août en gare de Bollwiller. Il prend l’omnibus pour Soultz où il déjeune au restaurant Loewert en compagnie de Troppmann qui, prétextant la visite d’une fabrique clandestine de fausse monnaie, l’entraîne vers Wattwiller. Après une halte au cabaret de l’hôtel du Cheval Blanc, Troppmann empoisonne Kinck et disparaît. Des recherches seront menées entre Soultz et Cernay ; le corps sera finalement retrouvé, sur les indications de l’assassin, sur les hauteurs d’Uffholtz. Après autopsie, Jean Kinck sera enterré à Guebwiller.

Après cet assassinat, Troppmann s’est fait passer pour Kinck et écrit à sa femme en lui demandant d’envoyer un mandat de 5 500 francs pour le nouvel investissement à Buhl, une somme que le receveur postal de Guebwiller, suspicieux, refusera de lui remettre. Puis, Troppmann essayera de convaincre Gustave de retirer cette somme, avant de l’assassiner à son tour. Et lorsque Mme Kinck, accompagnée de ses enfants, acceptera, le 19 septembre, de rejoindre Troppmann à Pantin, elle sera froidement exécutée.

Troppmann est condamné à mort le 30 décembre 1869.

La photo : l’exécution de Jean-Baptiste Troppmann le 19 janvier 1870 a été elle-aussi très suivie par la population. (Sources Gallica-bnf-fr et Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg)

REPARLONS DE L’AFFAIRE TROPPMANN…

De multiples rebondissements

Les rebondissements ont tenu les lecteurs en haleine : après la mère et les cinq plus jeunes enfants, c’est un fils (un temps accusé avec son père) qui est retrouvé assassiné le 26 septembre, toujours à Pantin. Le cadavre du père sera retrouvé lui sur les hauteurs d’Uffholtz. Un peu plus tôt, Jean-Baptiste Troppmann, un Cernéen, avait été arrêté au Havre, portant sur lui les papiers d’identité de Jean Kinck. Il avouera les meurtres. Le procès, en décembre 1869, durera trois jours ; Troppmann sera guillotiné le 19 janvier 1870.

La photo : pour illustrer l’affaire, les lecteurs de l’époque ont eu droit à des estampes et des images d’Epinal, pas toujours très représentatives des lieux… Celle-ci, parue dans Le Monde Illustré, évoque la recherche de Kinck père, sur la route de Soultz à Cernay.   (Source gallica.bnf.fr)

REPARLONS DE L’AFFAIRE TROPPMANN…

Une propriété à Buhl à l’origine de l’affaire ?

« Cette histoire, si elle se déroule pour une bonne part à Pantin, avec des ramifications à Roubaix, a un côté florivalien ». Jean Kinck, le père, est né à Guebwiller et il semble que ce soit une de ses propriétés à Buhl qui ait donné des envies à Jean-Baptiste Troppmann, un jeune homme cupide : « A priori, il a fait miroiter à Kinck qu’il y avait une bonne affaire à faire », poursuit Hubert Martin, qui aimerait retrouver la fameuse propriété. Par de nombreux écrits de l’époque, on sait aussi que des journalistes parisiens mais aussi de province sont venus dans le Florival pour écrire sur cette histoire. Où ont-ils logé ? Qui ont-ils vu ? Tout reste à découvrir. Les journaux évoquent aussi, à la veille de la guerre, une possible manipulation allemande (vu de Paris, l’Alsace est souvent suspecte…) ou encore un atelier de fausse monnaie… « C’est tout cet aspect local de l’histoire qui m’intéresse et que j’ai envie de creuser. »

La photo : voilà comment les journaux de l’époque relataient l’affaire Troppmann et l’assassinat de la famille Kinck, originaire de Guebwiller, à Pantin. (Sources gallica.bnf.fr et Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg)

REPARLONS DE L’AFFAIRE TROPPMANN…

Plus de 1 800 documents sur l’affaire

Retraité, Hubert Martin a du temps à consacrer à cette recherche. « Et le plus intéressant, pour moi, ce n’est pas tant ce qu’on trouve que le chemin qu’on parcourt. » Il y consacre deux soirées par semaine depuis le mois de septembre. « Notre travail d’historien amateur a beaucoup changé. Auparavant, on devait fouiller des heures dans les archives départementales, prendre des rendez-vous, envoyer des courriers qui n’arrivaient pas toujours au destinataire ou qui ne recevaient pas de réponse. Mais depuis que la BNF, la Bibliothèque nationale de France, a numérisé ses archives, c’est beaucoup plus simple. » Quoique. Sur l’affaire Troppmann, le site Gallica, rattaché à la BNF, répertorie plus de 1 800 documents ! « Je n’imaginais pas qu’il y en avait autant. » Il y a du tri à faire et des vérifications.

Une fois ses recherches faites, Hubert Martin publiera des éléments dans le bulletin trimestriel « Elfalüter » de la MJC de Buhl. Il envisage aussi d’éditer un petit fascicule, auquel il joindra ses recherches sur une autre affaire du secteur qui le passionne, l’affaire Henriette West, fusillée (pour l’exemple ?) le 22 août 1914. « Je vais aussi finir le travail entamé sur les Américains engagés dans le secteur pendant le Première Guerre mondiale, en particulier sur le site de l’Oberlauchen. » Hubert Martin a recensé différents cimetières, rédigé plusieurs biographies individuelles et recueilli des témoignages. « J’espère finir ce travail ce printemps. Pour l’affaire Troppmann et la famille Kinck, je me donne toute l’année. » Les témoins ayant disparu, l’enquête sera longue.

► Au-delà des journaux, il semble que la foule ait été touchée par ce drame. Le 1er  octobre 1869, quelque 50 000 personnes (selon la presse de l’époque) auraient formé un long cortège funèbre le jour des obsèques de la famille Kinck à Tourcoing.

 

ET ENCORE QUOI ???  (WHAT ELSE ?)

Vous pouvez aussi suivre LTD RANDO 68 sur Facebook à l’adresse https://www.facebook.com/pg/LTD-RANDO-68-574240379701356/posts/?ref=page_internal ; des bulletins météo sont publiés en principe chaque soir, et d’autres infos utiles s’ajoutent parfois.

Vous n’êtes pas encore abonné à ce blog ? ‘‘Do it NOW ’’, faites-le MAINTENANT, c’est simple, rapide et gratuit. Dans MENU, cliquez sur ‘‘S’ABONNER’’, et vous recevrez une demande de confirmation. Une fois abonné, un e-mail vous informera de chaque nouvelle parution.

 Contact direct avec l’administrateur du blog par courriel brunner.pierala@orange.fr