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LTD RANDO 68
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COL DE BUSSANG : ESCAPADE DANS LES VOSGES VOSGIENNES  (R 22)

COL DE BUSSANG : ESCAPADE DANS LES VOSGES VOSGIENNES (R 22)

→ 17,4 km ~ D+ 773 m ~ Assez difficile (4/6) ~ ***

Nos Vosges ne sont pas qu’alsaciennes, elles sont aussi lorraines et comtoises. Sans aller trop loin, voici une jolie randonnée en forêt domaniale de St-Maurice et Bussang, au départ du col de Bussang.

Depuis le kiosque du Sotré, on découvre le panorama sur le val de Bussang.

Depuis le kiosque du Sotré, on découvre le panorama sur le val de Bussang.

Départ et arrivée : parking au COL DE BUSSANG : accès très facile par la RN 66, vallée de Thann. Il faut aller jusqu’au col, et même un peu au-delà : après le panneau « Département des Vosges », prendre la petite route à droite, direction Source de la Moselle : le parking est à 50 m, du côté gauche. Avant de partir, on prendra quelques minutes pour (re)découvrir les aménagements autour de la source (1). Distance : 17,4 km (**). Temps total : 5 h 40 mn, pauses casse-croûte et photos comprises (*). Dénivelé positif : 773 m (**). Difficultés particulières : la durée et le dénivelé destinent cette rando aux marcheurs entraînés ; la descente vers la Cuisine du Diable et certaines portions du GR 531 nécessitent une condition physique correcte et l’absence de vertige ou d’appréhension du vide. Conseils : emporter un casse-croûte, de l’eau et un anorak léger ; les chaussures de randonnée (semelles en bon état) sont indispensables, et les bâtons seront fort appréciés.

La source de la Moselle, complètement tarie aux premiers jours de l’automne !

La source de la Moselle, complètement tarie aux premiers jours de l’automne !

Descriptif (la carte est à la fin) :

À partir du parking (alt 715 m), remonter jusqu’à la nationale ; traverser et partir à droite, en longeant la route sur 50 m dans le sens de la descente vers Bussang. Prendre à gauche le large chemin du Séchenat qui monte en forêt, repéré « rectangle bleu-blanc-bleu » (2), direction Chalet de l’Union, col des Allemands et Rouge Gazon. Continuer tout droit cette montée progressive, qui est un très bon échauffement. Ne pas prendre à droite la direction Chalet du Club-Vosgien Séchenat ; le chemin Colin nous amène au chalet de l’Union, juste après l’embranchement triangle rouge qui descend sur Bussang. Ce chalet forestier dispose d’une grande table en L et d’un fourneau (chauffage et cuisson) ; le sol qui était prêt de s’effondrer, a été réparé depuis. D’un âge vénérable, il porte le blason de la commune de Bussang (3).

Le chalet forestier de l’Union.

Le chalet forestier de l’Union.

Le chemin est maintenant aussi balisé par un « triangle rouge », en plus de tout le reste ! Continuer tout droit direction Rouge Gazon par Gros Sapin, et ne pas prendre le sentier qui part sur la gauche, lui-aussi repéré triangle rouge : nous sommes alors au Col des Allemands, alt 888 m (4). À la sortie d’un virage, alors qu’on passe sur un petit ruisseau, prendre le sentier qui monte sur la gauche, direction Rouge Gazon par Kiosque du Sotré et Neufs Bois. Nous sommes alors au Gros Sapin, alt 915m, et je me demande bien où il est, ce gros sapin… Il est temps de déployer les bâtons de randonnée, la montée se corse ! Après un ensemble rocheux sur notre gauche, on arrive au Kiosque du Sotré, alt 1050 m (5).

Ce kiosque est une étonnante petite construction hexagonale en bois, avec au centre une table ronde, et des bancs tout autour. Cinq personnes y trouveront refuge, et y jouiront d’un panorama extraordinaire, grâce aux vitres en plexi. C’est tout beau, tout neuf, et ça sent bon le bois ! Comme le chalet de l’Union, il porte le blason de la commune de Bussang.

L’étonnant et fort beau Kiosque du Sotré.

L’étonnant et fort beau Kiosque du Sotré.

Après, ça descend, et on arrive vite à un carrefour de chemin : la signalétique nous invite à continuer tout droit, ce qui n’est pas possible ! Pour nous, il faut aller à gauche et suivre à présent le « disque jaune », on en verra un plus loin. Ce Chemin des Crêtes débouche finalement sur une chaume, qui est celle des Neufs Bois (6). L’ancienne ferme est abandonnée et les toits tombent en ruine, mais les vaches sont bien présentes. En contrebas des pâturages se trouvent plusieurs étangs, et ce paysage est vraiment magnifique !

La chaume et la ferme des Neufs Bois, en arrivant...

La chaume et la ferme des Neufs Bois, en arrivant...

… et les mêmes, en repartant.

… et les mêmes, en repartant.

Poursuivre le chemin qui descend : en bas, continuer ce chemin, direction Rouge Gazon. Assez vite, on le quitte pour monter sur la gauche, « rectangle bleu », puisque nous sommes maintenant sur le GR 531, que nous retrouverons au retour. Très vite, on arrive sur la chaume du Rouge Gazon : suivre le large chemin qui part vers la gauche.

Un troupeau multiracial sur la chaume du Rouge Gazon : les bovins cohabitent parfaitement…

Un troupeau multiracial sur la chaume du Rouge Gazon : les bovins cohabitent parfaitement…

En arrivant au Rouge Gazon, commune de St-Maurice-sur-Moselle, prendre légèrement sur la gauche, et comme dans notre randonnée R 20, on cassera la croûte sur le pré. Pour la suite : ce sera le « disque bleu », direction Tête du Rouge Gazon et Cuisine du Diable, sentier pittoresque et descente très raide, nous voilà prévenus !

Après la pause, les bâtons seront les bienvenus. La montée est agréable grâce un sentier en lacets, parfaitement balisé. Au bout de 10 minutes, on nous suggère un point de vue à 50 m sur la droite, il est à ne pas manquer ! En face, la ferme-auberge du Gustiberg (7), au-dessus d’Urbès, puis Fellering, la colline du Chauvelin, et le départ vers la vallée de Kruth. Tout autour, les Crêtes vosgiennes et le Grand Ballon, à droite.

La vue panoramique (collage en 3 morceaux assez réussi), depuis la Tête du Rouge Gazon.

La vue panoramique (collage en 3 morceaux assez réussi), depuis la Tête du Rouge Gazon.

Il est temps de ranger les bâtons dans ou sur le sac à dos : de retour des 50 m, la descente s’amorce sur la droite, direction Cuisine du Diable. Une succession de petits lacets rendent cette descente accessible, même si quelques idiots s’amusent à couper les lacets, ce qui accélère l’érosion. Car quel travail remarquable pour assurer l’entretien de cet itinéraire ! La Cuisine du Diable est une grotte, alt 970 m. La température y est parait-il toujours agréable, mais je suis resté sur ma faim, c'est le cas de le dire : lors de mon passage, aucune odeur de cuisine ne s’en échappait, et le diable n’a pas répondu à mes appels !

La grotte de la Cuisine du Diable.

La grotte de la Cuisine du Diable.

La descente continue, et des passages un peu rocheux font apprécier les chaussures de randonnée. Une dizaine de minutes après, au croisement (alt 850 m), prendre sur la gauche, « triangle rouge », direction Neufs Bois (excellent fléchage). La montée qui arrive sera la plus forte de cette rando, et les bâtons seront précieux. On arrive assez vite à la placette et au Sapin St-Antoine, avec fontaine (le tuyau traverse un arbre !), banc, et un oratoire installé en 1928.

L’oratoire et le sapin Saint-Antoine.

L’oratoire et le sapin Saint-Antoine.

Une demi-heure plus tard, on arrive en haut, sur le GR 531, et il faudra partir sur la droite, direction Col de Bussang. Auparavant, un petit crochet sur la gauche nous fera découvrir un aspect particulier de la chaume des Neufs Bois, car c’est bien elle : devant nous s’étend une tourbière (8), ce qui rend le paysage encore plus étonnant !

La tourbière de la chaume des Neufs Bois.

La tourbière de la chaume des Neufs Bois.

Une fois les bâtons définitivement rangés, reprendre le GR 531, « rectangle bleu ». Ce trajet en forêt est plaisant et bien balisé (il faut penser au tapis des feuilles mortes qui cacheront bientôt le sentier) ; un rocher nous offre, sur la droite, un panorama uniquement composé d’arbres ! En arrivant à une place forestière, tourner à gauche et continuer sur le large chemin, toujours « rectangle bleu ». On arrive bientôt au refuge St-Hubert (9), daté de 1926 : il y a à l’intérieur une grande table avec ses bancs, et un poêle à bois, le plus original étant le balcon en bois qui offre un beau point de vue. À l’extérieur, un emplacement de barbecue complète le dispositif, qui est toujours bien utilisé.

Le chalet Saint-Hubert et son balcon.

Le chalet Saint-Hubert et son balcon.

Le chemin en rejoint un autre et on continue la descente sur la droite. Peu après, il faudra quitter ce large chemin empierré, et partir à gauche, toujours direction Col de Bussang, « rectangle bleu ». Bigre, ça monte, mais pas longtemps, juste 3 minutes. Continuer tout droit sur le chemin en pente douce, qui devient bientôt un petit sentier très sympa et un peu technique : on a même droit à une échelle métallique, qu’on descendra facilement en lui faisant face, comme sur les petits navires. Plus loin encore, une main courante permet de se tenir à la paroi rocheuse, alors qu’on domine la RN 66.

L’échelle métallique est à descendre, sur cette portion du GR 531.

L’échelle métallique est à descendre, sur cette portion du GR 531.

Un panneau indique « Col à 5 mn » : on débouche effectivement sur la route RN 66, juste en face du panneau « Département des Vosges ». Traverser, et le parking près de la source de la Moselle est tout proche : cette randonnée aura duré cinq heures et 40 mn (*).

Textes et photos : Pierre Brunner, septembre 2016.

→ AVEC OPENRUNNER : L’accès direct à ce parcours est ici, et il est téléchargeable sur GPS : https://www.openrunner.com/r/10092957

La carte :

Carte de randonnée IGN – CV n° 3620 ET (Thann Masevaux)

Carte de randonnée IGN – CV n° 3620 ET (Thann Masevaux)

Notes :

  1. La Moselle, longue de 550 km, est une rivière du nord-est de la France, du Luxembourg et de l'ouest de l'Allemagne, affluent en rive gauche du Rhin. Elle donne son nom à deux départements français : la Moselle et la Meurthe-et-Moselle. (Source : Wikipédia)
  2. Cet itinéraire de grande randonnée (GR 5F) est en cours de numérisation, le travail et la signalétique étant assurés ici par le Club Vosgien de Bussang – St-Maurice. On trouve aussi sur ce parcours des panneaux indicateurs carrés, la partie inférieure étant rouge, et la partie supérieure blanche.
  3. Le blason de Bussang : créé vers 1907 par Benjamin Pottecher, alors premier magistrat de la commune, il représente l’environnement naturel : la ferme montagnarde, la truite des ruisseaux, le sapin des forêts et la Moselle naissante entre deux montagnes. Benjamin Pottecher fut l’arrière-grand-père de Frédéric Pottecher (1905-2001), chroniqueur judiciaire, écrivain, acteur et grand opposant à la peine de mort. Quant au Théâtre du Peuple, il a été fondé à Bussang en 1895 par un autre Pottecher, Maurice.
  4. Entre 1871 et 1945, le col de Bussang était frontière d’État entre la France et l’Empire allemand, ou le 3ème Reich pendant la Seconde Guerre mondiale. La Tête des Allemands (alt 1014 m) et le Col des Allemands rappellent cette période.
  5. La contrée des Vosges est réputée pour être le pays du Sotré, petit lutin aux oreilles en pointes et aux pieds fourchus qui passe son temps à dormir, manger et chanter des mélodies incompréhensibles à l'oreille humaine. Certains Vosgiens prétendent qu'il naît tel un champignon par l'opération des rayons de lune sur l'humus. Sa légendaire gourmandise a fait des ravages dans les fermes et demeures vosgiennes ; le Sotré a aussi horreur qu’on parle de ses oreilles et de ses pieds, et il n’hésite pas à jeter un mauvais sort si jamais… Ne pas confondre le Kiosque du Sotré avec Le Refuge du Sotré, auberge de montagne à Xonrupt-Longemer.
  6. Cette chaume d’altitude est pâturée depuis plusieurs siècles pour les besoins de l'agriculture à travers l'activité pastorale. La ferme immense, aujourd’hui à l'abandon, était une marcairerie typique. Le nom de Neufs Bois n’est expliqué nulle part, on peut juste imaginer qu’il y eut là autrefois de nouvelles plantations d’arbres.
  7. Ferme auberge du Gustiberg à Urbès, site http://gustiberg.fr/ À propos du nom Gustiberg : dans ses « échantillons de vocabulaire alsacien », H.Walter nous signale que Gustiberg ne signifie pas le mont de quelque Güsti (Auguste), mais une montagne où l'on réunit des génisses et des veaux en été ; Güst désigne en effet une jeune vache qui n'a pas encore vêlé, ou une vache qui est tarie juste avant de vêler.
  8. Cette tourbière, qui se situe entre la tête des Neufs-Bois et la tête du Rouge Gazon, est rien moins qu’un espace naturel d'intérêt national !
  9. Le nom du chalet Saint-Hubert évoque des chasseurs, et pourtant une inscription est gravée au-dessus de la porte : «Nul ici ne s'élèvera au-dessus de quiconque». Ces chasseurs pouvaient-ils être aussi des sages ? Sans doute, puisque la cheminée du poêle part vers l’extérieur, le conduit étant en fer ! Depuis, ce refuge a brûlé, comme d'autres... et il a été reconstruit assez vite. Il est maintenant (été 2018) tout beau tout neuf, avec même une possibilité de couchage en dépannage, à l'étage. 

(*) Les temps donnés ici sont indicatifs : ils correspondent à ceux d’une personne adulte entraînée à la randonnée, marchant à une vitesse moyenne à soutenue.

(**) DISTANCE et DÉNIVELÉ : ils sont calculés à partir du site OpenRunner https://www.openrunner.com/