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L’ABRI DU HOCHBURG

L’ABRI DU HOCHBURG

Voici la présentation d’un abri (1), encore un (!), situé au-dessus de Rammersmatt et de Bourbach-le-Haut, et un peu en contrebas du col du Hundsruck. Sa position lui confère un attrait assez extraordinaire : faire halte au Hochburg pour casser la croûte, ou juste le temps d’une pause, est toujours un grand plaisir !

L’abri du Hochburg, avec ses six ans d’âge, ne désemplit pas !

L’abri du Hochburg, avec ses six ans d’âge, ne désemplit pas !

Extraits du journal Info’ Rammersmatt « S’SCHNOGGA BLETTLA » n°5 de juin 2010 :

En page 8, le titre est : « Le Chalet du Hochburg sur le chemin forestier du col du Hundsrück ».

« Projetée dans le cadre du développement local adopté en 2005, la construction d’un abri pour les randonneurs est maintenant achevée. La commune a mis le terrain à disposition (l’emplacement choisi se trouve dans le haut du pâturage du Hochburg, section 13 parcelle 16) et assure l’entretien du refuge.

Sous la houlette du Maire et du 2ème adjoint (2), les travaux ont été réalisés par : la société Innosolar Concept, fournisseur et monteur du chalet, la commune de Rammersmatt pour l’arpentage et le terrassement, le Club Vosgien de Thann pour la dalle, le soubassement et la cheminée, l’entreprise Gilles Luthringer qui a réalisé la toiture, le zingage et l’abri à bois, les deux ouvriers communaux de Rammersmatt et de Bourbach-le-Haut Benjamin Welker et Bernard Lerch.

Les plus du chalet : éclairage solaire (3), fermeture automatique de la porte, un barbecue et des tables à l’extérieur, et, dans un futur proche une table d’orientation offerte par le Club Vosgien de Thann.

Le financement : 23 000 € partagé à 50 % pour la Communauté de Communes du Pays de Thann et 50 % pour le Conseil Général.

Pour y aller en partant de Rammersmatt, il y a trois possibilités : départ de la Colonie, départ de la rue du Cdo de Cluny, ou départ de la ferme. »

Plus loin, dans le même numéro, une autre page, celle du Conseil des Jeunes, raconte que « Le 14 avril, une vingtaine de jeunes du village, accompagnées d’une dizaine d’adultes, ont fait une marche de 8 Km qui les a conduits au nouveau chalet de Rammersmatt, où un barbecue les attendait. Après le repas, les petits ont fait un jardin japonais alors que les plus grands ont joué dans la forêt. »

L’abri du Hochburg en 2012. (Photo Jacques le Trappeur)

L’abri du Hochburg en 2012. (Photo Jacques le Trappeur)

Extrait du journal « L’ALSACE » du 07/06/2010 :

Le titre de cet article est « Sous le soleil, le chalet en bois du Hochburg inauguré » :

« Dans un cadre verdoyant et ensoleillé en pleine nature, les élus du Pays de Thann ont inauguré, samedi en fin de matinée, le nouveau chalet qui se situe sur le ban communal de Rammersmatt sur le lieu-dit du Hochburg, situé sur un carrefour entre les communes de Rammersmatt, Bourbach-le-Haut et le col du Hundsrück.

Le chalet a été construit sur un site naturel qui permet de profiter d’un panorama prestigieux et d’une vue sur les Alpes bernoises. L’itinéraire est régulièrement emprunté par des marcheurs. Or, aucune halte n’existait avant la réalisation de ce chalet (hormis la ferme auberge de la Fourmi). Les randonneurs disposent désormais d’un beau petit chalet en bois, selon la technique des chalets jurassiens. Il a été érigé par la Communauté de communes du Pays de Thann (CCPT) et par le Conseil régional, sur une surface de 20 m².

Sa structure est essentiellement constituée de bois massif pour l’ossature et la charpente auto-clavée, les parois extérieures sont en mélèze et l’intérieur est en sapin. Le toit est en madrier puis recouvert de panneaux zingués imitation tuile. L’auvent fait 8m². Le Club vosgien de Thann a réalisé la dalle en béton et installé le conduit de cheminée. Le chalet est équipé de quatre tables-bancs, deux bancs extérieurs, d’un barbecue en brique et d’un éclairage solaire indépendant en leds.

Les travaux ont débuté en novembre 2009 pour s’achever fin mars 2010. L’artiste peintre Jacques Paoletti a réalisé gracieusement l’enseigne du chalet. Cerise sur le gâteau, un système de fermeture automatique de la porte a été installé. À l’avenir, le Club vosgien de Thann, que préside Jean-Jacques Guth, prévoit d’offrir une belle table d’orientation. La dépense — 33 138 € (4) — a été prise en charge, à parts égales, par la CCPT et le Conseil général, la commune de Rammersmatt mettant à disposition le terrain et finançant terrassement, construction de l’appentis supplémentaire, la fourniture et pose du poêle, découpes paysagères, insigne de l’entrée et les finitions.

L’initiative appartient à Jean-Marie Bohli, maire de Rammersmatt. Ce dernier a rendu hommage à tous ceux qui ont participé de loin ou de près à la construction du chalet, notamment à l’entreprise Gilles Luthringer et les ouvriers communaux de Rammersmatt et Bourbach-le-Haut, à savoir Benjamin Welker et Bernard Lerch. Le projet date de 2005. L’inauguration s’est déroulée en présence de Charles Buttner, président du Conseil général, du président de la CCPT, Jean-Pierre Baeumler, d’Antoine Fabian, vice-président de la CCPT en charge du développement local, de Pascale Saenger, vice-présidente de l’ASL de Rammersmatt, des élus communautaires et conseillers municipaux, du conseiller général Michel Habib, et des pompiers de Rammersmatt. L’animation musicale a été assurée par Rosala Welker à l’accordéon, et par Oscar Rusch et Jean-Marie Bohli aux alphonnes (corps (5) des Alpes). La manifestation a été suivie par un buffet campagnard. »

L’inauguration de l’abri du Hochburg (Photo d’archives « L’Alsace » Arnaud Viry)

L’inauguration de l’abri du Hochburg (Photo d’archives « L’Alsace » Arnaud Viry)

Il y avait ce jour-là une belle brochette de personnalités pour le traditionnel couper d’un original ‘’ruban’’ forestier, avec, entre les pompiers et de d à g, Michel Habib, Charles Buttner, Antoine Fabian (à l’arrière), Jean-Marie Bohli, Jean-Pierre Baeumler (lunettes), etc…

Situation, accès :

L’abri est construit sur une plate-forme, à une altitude de 710 m env. L’ancien pâturage a laissé la place à une lande de genets, et c’est évidemment au printemps, lorsqu’ils sont en fleurs, que la montée depuis Rammersmatt est la plus magique.

L’accès le plus facile se fait pourtant à partir du col du Hundsruck (alt 748 m) grâce à un itinéraire repéré « triangle jaune » : après une petite montée en direction du monument national des troupes de choc, le chemin forestier Hundsruck descend sur la gauche, passe devant la Vierge des Bûcherons (alt 740 m) (6), et arrive au-dessus de l’abri, le tout en moins de 30 mn. On peut aussi accéder depuis Thann par le sentier Baumann, repéré « plus bleu », jusqu’aux Weierlé ; à l’ancien abri Baumann, en attente de reconstruction, prendre sur la gauche le sentier « plus jaune », qui rejoint le chemin Hundsruck presqu’au niveau de la Vierge des Bûcherons (compter une bonne heure depuis Thann).

En venant du Hundsruck, on découvre vite le Hochburg et son panorama.

En venant du Hundsruck, on découvre vite le Hochburg et son panorama.

Depuis Rammersmatt, le plus agréable est de monter par la rue du Commando de Cluny (au coin du restaurant « Aux Trois Sapins ») ; on peut aussi monter à partir de la grande ferme (« rectangle rouge-blanc-rouge », et tout de suite après « triangle jaune »), mais c’est plus dur ! Dans un cas comme dans l’autre, il ne faudra pas loin de 45 mn. On peut aussi partir depuis l’ancienne colonie de vacances de Rammersmatt (itinéraire non balisé par le Club Vosgien, temps identique). En partant de Bourbach-le-Haut, le plus simple est de grimper depuis le parking du foyer rural par le joli sentier « rectangle rouge-blanc-rouge », qui arrive au col du Hundsruck, et ensuite de continuer comme ci-dessus (durée totale : moins d’une heure). On peut aussi partir depuis le col du Schirm, mais cet itinéraire est une redoutable galère, tant il est compliqué et surtout très mal signalé, voire pas du tout !

Description de l’abri :

À l’extérieur, sous l’auvent et à droite de la porte d’entrée, l’enseigne annonce : « Chalet du Hochburg, commune de Rammersmatt », et un panneau précise que « Ce chalet a été réalisé par la communauté de communes du Pays de Thann, avec le concours financier du Conseil Général du Haut-Rhin et la collaboration de la commune de Rammersmatt » ; suivent les blasons de la Com’Com’, du Conseil Général, du Club Vosgien, de la commune de Rammersmatt, ainsi que la date, mars 2010. Il n’y a pas de table sous l’auvent, juste deux larges bancs.

La carte de visite de l’abri du Hochburg.

La carte de visite de l’abri du Hochburg.

Le chalet a les dimensions classiques de ce genre d’abri, 4 m de large pour 5 m de profondeur, environ. L’isolation est particulièrement soignée, tant au niveau de la porte (fermeture automatique) que des quatre fenêtres (une petite de chaque côté de la porte, et une plus grande sur chaque profondeur).

À l’intérieur, on trouve 3 tables avec leurs bancs, permettant à 18 personnes de s’installer (un peu plus même, vu qu’il y a encore des bancs autour) ; un vieux banc de jardin permet en hiver de se réchauffer les pieds près du poêle, ce qui est bien pratique. La caisse pour le bois est vide, c’est juste normal en cette saison, plusieurs cintres sur des fils attendent quand même de sécher du linge. Le poêle à bois pourra parfaitement tempérer l’abri s’il fait froid, et c’est même son unique fonction, car la cuisine chaude et le barbecue ne sont évidemment pas possible à l’intérieur. Aux murs, de nombreuses et belles photos encadrées montrent les étapes de la construction du refuge ; plus récemment, un arrêté municipal affiché bien en vue précise qu’il est interdit de passer la nuit dans le chalet, les agents de la Brigade Verte étant chargés de verbaliser les éventuelles infractions. Il y a aussi une scie à bois (parfois une hache), et quand même un interrupteur et une douille avec une ampoule basse consommation au plafond, désormais inutiles (7). Partout, la propreté est remarquable !

Une vue de l’intérieur de l’abri, avec le poêle et les tables.

Une vue de l’intérieur de l’abri, avec le poêle et les tables.

À l’extérieur, il y a une table avec ses bancs sur la gauche du chalet (6 personnes), et sur la droite, deux tables alignées (12 personnes, c’est bien pratique pour les groupes !), avec le barbecue dans le prolongement. Ce grand barbecue en fer (8) est simplement posé sur ses pieds, sans la traditionnelle cheminée en briques réfractaires, et cette solution pratique permet une souplesse et une certaine mobilité bien appréciables. D’ailleurs, tout l’équipement extérieur est modulable et déplaçable, et les utilisateurs ne s’en privent pas ! À l’arrière du refuge, un appentis couvert permet de remiser du bois, mais il est actuellement vide. Sur le toit, le petit panneau photovoltaïque n’est plus là (7) ! La propreté est également remarquable aux abords du chalet ; même s’il est très fréquenté, la correction et la convivialité y sont toujours de mise !

Au Hochburg, ça sent bon le barbecue et la convivialité !

Au Hochburg, ça sent bon le barbecue et la convivialité !

Il est conseillé de faire attention avec le bois : en haute saison, la forêt qui borde le chemin s’épuise vite, et les amateurs de barbecue feront bien d’emporter une réserve de bois ou charbon de bois.

Enfin, la table d’orientation, promise « dans un futur proche » lors de l’inauguration, n’est pas encore en place (lire ci-dessous), mais le panorama est là et bien là. Selon le temps et la météo, les Alpes suisses et le Jura français s’ajouteront à la plaine d’Alsace et à la Forêt Noire.

Le panorama, un peu brumeux ce jour-là, depuis la terrasse du Hochburg.

Le panorama, un peu brumeux ce jour-là, depuis la terrasse du Hochburg.

Notes :

  1. Présentation annoncée dans la randonnée R09 « Partir du Michelbach », publiée sur ce blog le 5 juillet 2016.
  2. C’était alors M. Jean-Jacques Guth, adjoint délégué aux forêts.
  3. Ce dispositif, composé d'un petit panneau solaire sur le toit (côté gauche, quand on est face à l’entrée) et d’une lampe basse consommation au plafond, était sans aucun doute une première dans les Vosges, même si l’article de L’Alsace n’en parle pas… « L’abri dispose d'un panneau solaire ce qui en fait le premier abri de ce type à ma connaissance dans les Vosges muni de lampes au plafond (…). Cette cabane peut servir de bivouac pour une traversée des Vosges... Il est toujours possible de dormir sur les tables ou bancs... », pouvait-on lire en 2012 sur le site http://www.refuges.info/
  4. On note une différence de 10 000 € avec le financement présenté dans le journal communal.
  5. J’ai laissé l’orthographe du journal, pour le fun… Par ailleurs, j’avais déjà évoqué les talents de joueur de cor (et de menuisier) d’Oscar Rusch dans la randonnée R04 « Entre Ruchberg et Fuchsfelsen », publiée sur ce blog le 27 mai 2016.
  6. La colline du Hochburg culmine à 751 m, juste au-dessus de la Vierge.
  7. Voir ci-dessous l’interview de Jean-Jacques Guth.
  8. Le journal « L’Alsace » parlait pourtant d’un barbecue en brique.

L’interview :

Jean-Jacques Guth, premier adjoint au maire de Rammersmatt, retraité de la fonction publique, a bien voulu prendre le temps de répondre à quelques questions : un grand merci à lui pour sa disponibilité et sa gentillesse !

Question : Dans un passé récent, vous avez travaillé pour la commune de Bitschwiller-lès-Thann : quelle y était votre fonction exacte ?

Réponse : « J’étais garde-forestier, c’était mon triage, c’est comme ça qu’on appelle le territoire dont le garde-forestier est responsable. Au début c’était uniquement Bitschwiller, après d’autres villages se sont rajoutés. J’étais donc fonctionnaire de l’État. »

Sur cette commune, les deux abris Baecherkopfhislà et Vogesapfadhislà portent votre empreinte, et il en est de même pour le Hochburg à Rammersmatt. Que représentent pour vous ces abris, et quelle est la signification de votre engagement en ce sens ?

« À Bitschwiller, c’était mon travail, j’étais chargé de ça par ma ‘’maison’’. Sauf qu’au Baecherkopf, le chef avait oublié de prévoir le toit, alors c’est moi qui ai dû le faire : avec les bûcherons, on a monté les poutres à la main ! Cet abri est vraiment mon bébé, parce qu’on a tout fait ! Au Vogesapfad il y a eu une entreprise, pour le plan et la construction. Ici, à Rammersmatt, le Hochburg est aussi un peu mon bébé, mais le plan d’ensemble reprend celui du Vogesapfad, car il ne faut pas rêver, on reprend toujours les plans des autres abris, il n’y a pas de droits d’auteurs là-dessus ! À l’origine, l’abri devait être construit beaucoup plus proche du village, c’est ce que voulait le maire, et nous on a repris l’affaire en main, pour le construire en hauteur, dans un endroit qui est bien. »

Le nom « Hochburg » indique-t-il qu’un château existait jadis par là-haut ?

« Non, il n’y a jamais eu de château dans ce secteur. C’est beaucoup plus simple : en alsacien, ‘’burg’’ c’est la même chose que ‘’berg’’, le Hochburg est juste la montagne d’en-haut ! »

Jean-Jacques Guth, ancien garde-forestier et 1er adjoint au maire de Rammersmatt.

Jean-Jacques Guth, ancien garde-forestier et 1er adjoint au maire de Rammersmatt.

L’abri du Hochburg est très fréquenté, en toutes saisons. Ce succès entraîne-t-il des problèmes particuliers ?

« Oui, il est très fréquenté, et de temps en temps il y a des groupes pas très bien qui nous laissent beaucoup de saletés. C’est rare, et dès que cela arrive, on nous le signale et on monte de suite pour nettoyer. On nous a d’ailleurs arraché le panneau solaire, quelques temps après l’inauguration du refuge : le maire s’est fâché, il ne veut plus en remettre un. C’était pourtant le seul refuge avec de l’éclairage ! Il y a un autre refuge particulier, celui de la Triade, au-dessus de la ferme-auberge Ostein, et là il y a une fontaine avec de l’eau potable ! »

Qui assure l’entretien du refuge et de ses abords ?

« C’est la commune, bien sûr ! Il faut rappeler que le financement de l’abri a été entièrement pris en charge par la Communauté de Communes de Thann et par le Département. »

Il n’était pas prévu une table d’orientation sur le plateau du Hochburg ?

« Si, et c’est toujours au programme devant le refuge, sur ce plateau qui est en train de s’ensauvager. C’est moi qui dois la faire (*), mais ça ne se fait pas tout seul ! Il me manque quelques sommets du Jura, que j’ai du mal à identifier. »

Avez-vous un message pour les randonneurs et vététistes qui s’arrêtent et apprécient cet abri ?

« On a toujours le même message, c’est de laisser l’abri dans le même état où on le trouve, ou comme on aimerait le trouver. La saleté, ça ne dépasse pas les 5%, mais nous, à la commune, on trouve que c’est encore trop, ça suffit à emmerder le monde ! Le maire a d’ailleurs interdit d’y passer la nuit, et c’est affiché, parce que les soirées se transforment en fiestas. »

Avez-vous un souhait particulier pour l’avenir de cet abri ?

« On aimerait juste qu’il reste en place et en bon état, et que je puisse faire la table d’orientation ; il faut aussi que j’en trouve le financement… »

(*) M. Jean-Jacques Guth, également président du Club Vosgien de Thann, est déjà à l’origine de la table d’orientation du Thanner Hubel !

Textes et photos : Pierre Brunner, juillet 2016 (sauf mentions spéciales sur quelques photos)